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sacrifice

 
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Halgorya
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Féminin Capricorne (22déc-19jan) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Jeu 26 Juil - 11:12 (2012)    Sujet du message: sacrifice Répondre en citant

bon...je le remets alors vu que ça a planté T_T mais pas de couleur là ou plus tard parce que j'ai les yeux éclatés, de toutes façon vous verrez aisément qui parle...:



Il se dirige vers le village, à nouveau les villageois l’ont demandé, que lui veulent-ils encore ? Il ne le sait que trop bien. Encore un sacrifice, ces humains sont vraiment stupides, c’est pour ça qu’il les déteste. Déjà qu’en tant que démon il n’aime pas les humains mais là c’est pire, sa haine se renforce de jour en jour allant jusqu’à souhaiter qu’ils disparaissent tous.
Cela fait un bon moment que ce démon habite en haut de la montagne, il préfère vivre là, au moins personne n’ose approcher mais les humains du village à côté se sont mis en tête qu’il voulait les tuer. La raison ? Un jour le démon a tué un groupe d’homme, ceux-ci avaient pénétré sur son territoire et l’ont attaqué à vue. Cependant pour les villageois ça ne change rien, des morts sont des morts et personne n’a jamais voulu lui demandé ce qu’il s’était passé. A vrai dire la situation est plus compliquée que ça mais nul ne sait, à part le démon, ce qu’il s’est passé. Depuis ce jour ils se sont mis en tête que pour « calmer » le démon il fallait lui faire des sacrifices, une femme en tant qu’épouse en somme.
Celle-ci sera la…sixième en l’espace de 4 mois, les précédentes mariée se sont enfuies, il n’a pas essayé de les retenir, il s’en moque, à la base il ne veut pas de sacrifices alors pourquoi il s’embêterait à les retenir chez lui ? Si elles s’en vont tant mieux ça fera des humains en moins sur son terrain et si elles restent…eh bien ça ne s’est jamais produit donc si ça arrive il verra bien…
Il arrive dans le village et bien sûr tout le monde baisse les yeux devant lui, encore une autre raison de les détester, aucune fierté, ils baissent les yeux devant quelqu’un qu’ils ne connaissent pas….si encore il les menaçait il comprendrait mais là il ne fait que passer….il est vrai qu’à son air on pourrait penser qu’il va tuer quelqu’un mais c’est si naturel pour lui d’agir avec mépris face à eux…
Il se retrouve vite sur la place où le même groupe se tient, il tente de repérer le sacrifice, qu’auront-ils choisi cette fois ? La première était une forte tête mais pénible au possible, toujours à l’insulter et à chercher à le provoquer. La seconde était trop curieuse….et parlait trop, toujours à poser des questions, il a souvent eu mal à la tête. La troisième c’était différent, toujours à pousser des cris de terreur à chacun des mouvements du démon….ça aussi c’était pénible. Pour la quatrième elle tentait de le commander….une humaine….commander un démon ? Elle était trop sûre d’elle il faut l’admettre. Pour finir la cinquième était….spéciale….elle pensait qu’il était doté de toutes sortes de pouvoirs et voulait lui vouer un culte, à bien y réfléchir elle était un peu effrayante….dans le sens qu’elle n’avait pas toute sa tête.
Il finit par voir une jeune fille aux longs cheveux noirs et aux yeux mauves, couleur originale….elle semble très calme et même pensive…triste un peu mais il ne sait pas si c’est à cause du fait d’être un sacrifice ou pas. Eh bien au moins elle ne semble pas être une pipelette à la cervelle dérangée c’est rassurant. Cela dit il voit une autre fille au regard hautain et à l’allure bourgeoise….laquelle est-ce ? A choisir il n’en prendrait aucune mais n’ayant pas le choix il préfèrerait la calme, l’autre semble être du genre à vouloir quelque chose de lui, de matériel précisément.
Le démon, de haut de sa grande taille, s’arrête devant les villageois. Certains regardent ses cornes, elles sont certes grandes mais il n’y a pas de quoi s’extasier…le vent souffle légèrement écartant une mèche de ses cheveux aussi noir que la nuit, il ne prend pas la peine de les arranger et ils sont si long que beaucoup pense que c’est une manie des démons de les laisser pousser. Encore une supposition…
Le chef du village, un jeune homme qui semble plus préoccupé par lui-même que par les autres entame de lui parler :
-Nous vous remercions d’être venu aussi vite…
-Comme à chaque fois….finissons-en et vite.
-Oui bien sûr !
Il se retourne et attrape le poignet de la jeune fille aux cheveux noirs, elle ne semble pas aimer son contact mais après tout c’est normal…. Il la tire vers le démon et la présente alors :
-Elle se nomme Violine.
-Elle est bien jeune cette fois.
-Oui, elle n’a aucune famille donc ça ne dérange personne, elle n’est pas très appréciée dans le village. Elle appartenait à quelqu’un mais il est parti en voyage sans jamais revenir.
Appartenir ? Comme un animal en somme, il commence à entrevoir ce qui peut être la cause de cette tristesse dans ses yeux mais ce n’est pas comme s’il s’en souciait après tout….Il la regarde un moment, ce qu’elle est petite par rapport à lui, cela dit n’importe quel humain est petit face à lui donc au final ce n’est pas une chose sur laquelle on peut se baser…elle ne le regarde pas cela dit, bah tant pis du moment qu’elle ne ressemble pas aux autres….de toute manière elle finira par partir aussi :
-Vous convient-elle ?
-Ce n’est pas une question à poser, je vous ai déjà dit que je ne voulais pas de femme, la seule raison pour laquelle j’accepte c’est pour que vous me laissiez en paix au lieu de toujours me mander pour l’accepter…
-Ah…mais…j’espère qu’elle ne s’enfuira pas…
-Nous verrons bien.
Le démon agrippe le poignet de la jeune fille et la tire vers sa demeure, elle peine à le suivre vu ses grandes enjambées mais suit sans se plaindre malgré les quelques fois où elle trébuche. Elle sent bien sa force cependant, il pourrait lui briser le bras s’il le souhaitait…Le démon quant à lui ne fait même pas attention, il remarque juste qu’elle semble fragile mais sans plus, il ne va pas ralentir le pas sous prétexte qu’elle n’arrive pas à suivre !
A un moment la jeune fille tombe, étant tenue par le démon il ne peut que s’en rendre compte, il s’arrête et la soulève par le bras, il souffle et d’un ton dur dit :
-Fais donc attention !
Elle se contente d’hocher la tête et de se remettre sur ses pieds, il est un peu surpris, elle ne gémit pas de peur, ne l’insulte pas ou d’autres choses de ce genre….eh bien tant mieux, il n’est pas d’humeur à supporter des jérémiades…
Ils arrivent au château, sombre et peu hospitalier mais au moins il n’attire pas les invités inopportuns c’est déjà ça. Une fois dedans elle remarque à quel point il y fait froid, elle ne pensait pas qu’il ferait chaud c’est vrai mais de là à faire aussi froid, elle a en plus l’impression d’être observée mais ce ne doit être que son imagination. Ils descendent un escalier et arrivent dans un lieu qu’on pourrait qualifier de cachots. Il l’amène à une cellule et l’y jette dedans :
-Tu dormiras et mangeras ici, ils t’ont donné à moi comme épouse mais cela ne signifie pas que je doive faire preuve de délicatesse à ton égard c’est compris ?
De nouveau elle hoche la tête sans dire un seul mot. Il se retourne et s’en va sans fermer la porte, si elle veut partir elle le peut il ne la retient pas. Cependant la jeune fille se contente de regarder la pièce, il n’y a pas grand-chose à en dire, froide, triste et grise. Elle s’assoit dans un coin et pose sa tête sur ses genoux, elle ferme les yeux et se met à rêvasser comme elle le fait souvent.
Le démon se retrouve à nouveau dans son bureau, lieu qu’il avait dû quitter pour aller chercher la jeune fille, il s’assoit devant une grande cheminée et réfléchit :
-Elle est étrange, elle n’a pas semblée effrayée ni gênée d’être traitée ainsi…de toute manière elle finira par partir, comme les autres.
Alors que Violine rêvassait d’un lieu idyllique elle sent quelque chose tapoter sur elle, elle ouvre les yeux et voit avec surprise une personne de la taille d’un enfant, plus petit même, pourvu d’oreilles et d’une queue de chien. Elle ne savait pas que ce genre de créatures existaient….il est plutôt mignon. Elle bouge un peu effrayant la créature. Elle lui tend la main en souriant :
-N’aie pas peur.
Il finit par s’approcher et lui prend la main, après un court instant il vient contre elle, il est attendrissant. Elle sourit et pose ses mains sur lui. Bien vite ils sont rejoints par trois autres « enfants » qui viennent à leur tour entourer la jeune fille. Elle sourit et comme au premier elle leur prodigue des caresses qu’ils semblent apprécier.
Ils commencent à jouer avec elle, celle-ci se prend au jeu et s’amuse à les attraper dès qu’ils passent à côté d’elle et à les chatouiller. Ils rient mais étrangement ils ne semblent pas parler, peut-être qu’ils ne savent pas…elle se demande quand même ce qu’ils font ici…
Après un moment le démon décide de voir si elle est partie ou non, il descend à nouveau et entend des bruits de jeu et des éclats de rire. Il s’arrête, il n’a jamais entendu de rire depuis qu’il est ici….Que se passe-t-il ? Il s’approche à nouveau et de loin il voit la jeune fille jouer avec….ses serviteurs ? Ils ont dû vouloir la voir, c’est étrange, d’ordinaire ils ne s’approchent pas des étrangers, ils n’ont d’ailleurs jamais approché ses femmes précédentes. Ce qui l’étonne aussi c’est qu’elle est encore là. Elle n’a donc pas tenté de s’enfuir ? Les autres se baladaient ça-et-là dans le château avant de partir au bout de quelques jours…
Il apparait devant la porte ouverte et observe la scène, ils n’ont visiblement pas remarqué sa présence ce qui est étonnant…en jouant l’un des enfant se cogne aux jambes du démon, il se retourne d’un coup pendant que les autres se figent et viennent se cacher derrière Violine. L’enfant se trouvant près du démon baisse de suite ses oreilles et sa queue vient se mettre entre ses jambes. D’un coup il se jette sur Violine, apeuré il se cache contre sa poitrine. La jeune fille le regarde surprise et pose ses mains sur lui, elle regarde le démon. Celui-ci plonge son regard dans celui de sa femme, elle ne détourne pas les yeux cependant :
-Il semblerait qu’ils t’apprécient, ne fais pas attention à eux ils ne sont qu’une sous-race.
-Que sont-ils ?
-Des êtres plus proches de moi que des humains.
-Des démons ?
-On peut dire cela oui.
Ceux derrière Violine passent timidement la tête pour observer le démon, celui-ci les regarde tour à tour et dit :
-Ils t’apporteront à manger.
-Peuvent-ils manger avec moi ?
-….ça m’est égal du moment qu’ils ne me dérangent pas.
-Merci.
C’est bien la première fois qu’on le remercie avec autant de franchise, il a même cru voir un sourire sur ses lèvres. Cette fille est de plus en plus étrange décidément.
-Sont-ils tous là ?
Le démon observe les serviteurs et dit :
-J’en vois trois cachés derrière toi et un autre contre toi, ils sont tous là.
-J’ai tenté de leur demander leurs prénoms mais ils ne m’ont pas répondu….
-Ils ne savent pas parler et ils n’ont pas de prénom, si tu y tiens tant que ça tu n’as qu’à les baptiser.
-Je peux vraiment ?
-Oui.
A vrai dire il s’en moque complètement, il sait pertinemment qu’elle partira….comme les autres…les humains sont tous comme ça, pas un n’est différent. La jeune fille observe les quatre serviteurs et dit :
-Ils se ressemblent tellement, sont-ils frères ?
-Oui.
-Vous n’êtes pas comme les villageois vous décrivent sans cesse…
-En quoi ?
-Vous êtes beaucoup plus gentil que ce qu’ils disent.
Sur le coup il ne sait pas du tout quoi répondre, gentil ? Lui ? Il n’est plus tout à fait sûr de sa santé mentale à vrai dire. Il l’a prise comme un objet et l’a jetée dans un cachot froid et humide et tout simplement parce qu’il lui autorise à nommer ses serviteurs elle fait de lui quelqu’un de gentil ? Cette fille est de plus en plus étrange…il se retourne et dit :
-Tu apprendras que je ne suis pas gentil. Peut-être même à tes dépends.
Il repart laissant les enfants sortir de leur cachette pour entourer la jeune fille et réconforter leur frère. Pour égayer un peu l’ambiance Violine regarde les enfants et dit :
-Je vais vous donner des prénoms alors ! Vous êtes d’accords ?
Les enfants la regardent et hochent tous la tête en souriant, ils n’ont jamais eu de prénom, même pas des surnoms alors le fait d’en avoir leur donnent l’impression d’exister. Ils se mettent tous devant elle en rang attendant de recevoir leur prénom. Violine regarde le premier, voyons il a un regard doux et innocent :
-Toi je vais t’appeler….Clément ! Tu es si doux que je trouve que ça te va à la perfection !
L’enfant saute sur la jeune fille et embrasse sa joue pour la remercier de ce cadeau qu’elle vient de lui faire. Il s’assoit à côté d’elle et observe ses frères qui ont l’air impatients que leur tour arrive. Elle regarde le second, lui il est toujours malicieux, toujours à embêter ses frères :
-Toi ça sera….Lascivus, toujours à taquiner tes frères !
Comme l’autre il saute sur la jeune fille et embrasse sa joue, il saute ensuite sur Clément pour l’embêter, Violine le prend contre elle et commence à la chatouiller :
-On se calme Lascivus sinon tu ne manges pas avec moi ce soir !
Il se calme aussitôt et s’assoit sans rien dire, il ne veut pas manger tout seul alors que ses frères pourront profiter d’un repas avec la jeune fille ! Elle dirige son regard vers le troisième, le timide de la bande, si gentil mais toujours à hésiter :
-Toi tu seras Alidor ! Tu es si timide que c’en est adorable.
Alidor baisse les oreilles et rougit un peu, gêné de s’être vu décrit ainsi, il s’approche d’elle et se pose doucement contre elle. Dans un mouvement rapide il embrasse sa joue et cache son visage contre elle, oui ce nom lui va bien c’est certain. Il s’assoit à son tour à ses côtés. Le dernier frère est impatient, plus que lui ! Violine le regarde, lui il est toujours à vouloir protéger ses frères sauf contre le démon qui a l’air de l’effrayer autant que les autres :
-Voyons….Profen, tu es si protecteur avec tes frères.
Profen agit comme ses frères et embrasse à son tour la joue de Violine, ils reprennent ensuite leur jeu, heureux d’exister….
Ils cessent d’un coup leur jeu et font comprendre à Violine qu’ils doivent faire le repas, celui du démon et le leur. Elle leur sourit et leur promet de les attendre tous ici. Les serviteurs s’affairent au travail, ils veulent faire quelque chose de très bon pour Violine. Une fois prêts deux des serviteurs, Profen et Lascivus, se rendent avec les plats à la chambre du démon, Alidor et Clément rejoignent Violine et attendent avec elle le retour de leurs frères.
Profen toque à la porte du démon qui l’autorise à entrer, les deux enfants entrent et posent les plats sur la table basse. Ils regardent le démon pour avoir l’autorisation de partir, bien qu’impatients de rejoindre la jeune fille ils ne veulent pas prendre le risque de contrarier le démon. Celui-ci les regarde et voit bien leur impatience, ils doivent vraiment l’aimer pour être dans cet état :
-Vous pouvez y aller.
Profen se retourne prêt à partir mais Lascivus dans un geste trop rapide renverse la carafe d’eau du plateau. Les deux enfants se retournent de suite et se figent. Ils savent que ce genre d’erreur agace le démon…celui-ci se lève d’ailleurs l’air relativement en colère, il les fixe et dit :
-Etes-vous donc incapable de faire les choses proprement sous prétexte que vous êtes pressés de la rejoindre ?
Profen sait bien que celui qui sera puni sera son frère puisque c’est lui qui a fait la bêtise, il se place donc devant lui montrant bien qu’il ne veut pas qu’il lui fasse du mal, comprenant son intention le démon avance :
-Bien puisque tu en as décidé ainsi ton frère peut partir.
Lascivus hésite un peu en sachant ce qui attend son frère mais celui-ci, par un regard, lui fait comprendre de partir. Il s’exécute et une fois la porte passée il court chercher Violine, peut-être qu’elle pourra calmer le démon !
Celle-ci commence à s’inquiéter d’ailleurs, ils sont absents depuis un moment, au moment où elle se demandait si la chambre du démon était loin elle voit Lascivus arriver et se jeter sur elle en pleurant, inquiète elle le prend contre elle :
-Lascivus ? mais qu’est-ce que tu as ?
Il lève la tête et pointe la porte du doigt :
-Où est Profen ? Il est chez le démon ? Amène-moi !
Lascivus la guide jusqu’à la chambre et au moment de se trouver devant la porte elle entend un gémissement de douleur et voit la porte trembler. Il n’aurait pas osé ? Elle entre sans frapper et voit Profen au sol contre la porte, elle se jette sur lui et le prend dans ses bras :
-Profen ! Tu vas bien ?
-Que fais-tu ici ?
Elle serre l’enfant dans ses bras et regarde e démon :
-Je suis venue chercher Profen….
-Ce n’était pas nécessaire il a choisi lui-même d’être puni à la place de son frère.
-Quel crime a-t-il commis pour être ainsi puni ?
-Cela ne te regarde pas !
-Si ce qu’il a fait est si terrible alors laissez-le partir et punissez-moi à sa place.
-Si tu insistes.
Il prend l’enfant par l’une de ses oreilles et le jette dehors sans même laisser à Violine le temps de réagir. Il ferme la porte et agrippe le bras de la jeune fille pour la mettre debout :
-Tu ne sembles pas effrayée et tu as tord.
-J’ai connu des gens plus effrayants.
-Tu es bien impétueuse pour oser me répondre.
-Si cela peut les protéger alors ça m’est égal.
-Excepté que je déteste qu’on me tienne tête !
D’un revers de main il la gifle la propulsant du même coup sur le sol. Etant humaine la gifle prend des proportions plus grande faisant saigner la jeune fille au nez. Elle se redresse partiellement et porte sa main à son nez :
-Estimes-tu que je suis toujours gentil ?
La jeune fille redresse la tête et se contente de le regarder sans rien dire, ce regard, c’est étrange qu’elle l’ait, comme si elle lui disait « j’ai l’habitude de ce genre de traitement, ce ne sont plus des choses qui me font peur ». Comment doit-il réagir face à ça ? Il la prend par le bras à nouveau et la pousse hors de sa chambre :
-Sors d’ici, va les retrouver ou va-t-en peu m’importe mais ne reparait plus devant moi !
Il ferme la porte et observe sa chambre, sur le sol se trouve encore du sang de la jeune fille….les humains sont vraiment fragiles, c’est pour ça qu’ils lui sont si inférieurs, en tout…Violine est alors accueillie par Profen et Lascivus qui, inquiets, n’ont pas pu se résoudre à partir sans elle. Les larmes aux yeux ils la regardent d’un air coupable, après tout c’est leur faute si elle est dans cet état….la jeune fille leur sourit et se laisse à nouveau guider par eux.
Une fois dans la cellule les autres l’accueillent, elle s’assoit contre le mur encore un peu sonné par le coup, de suite les quatre frères se collent à elle et tente de la réconforter, cependant c’est eux qui pleurent et non elle. Si bien qu’au final c’est Violine qui les rassure :
-Ne vous en faîtes pas je vais bien. Mangeons ! J’ai hâte de goûter ce que vous m’avez fait.
Ils tentent de sourire pour ne pas gâcher ce repas et entament de manger, Violine ne tarit pas d’éloges sur leur cuisine ce qui leur remonte un peu le moral mais c’est déjà le moment de récupérer ce qu’ils ont amené chez le démon, cette fois c’est Clément et Alidor qui y vont, ils craignent qu’en voyant leurs frères le démon ne se fâchent encore plus. Ils frappent doucement à la porte et attendent de pouvoir entrer, une fois dedans ils prennent les plateaux sans oser le regarder. Le démon les regarde un moment, elle a aussi dû leur donner un nom….l’autre c’était….Profen c’est ça ? Quel nom étrange…ils repartent heureux de ne pas avoir provoqué à nouveau sa colère.
Ils rejoignent vite Violine qui était très inquiète pour eux, celle-ci les prend de suite contre elle, elle sent bien qu’ils tremblent. Après un bon moment à les bercer et à leur chanter des berceuses ils s’endorment tous, elle les regarde un moment avant de s’endormir à son tour. Le démon sort de sa chambre au milieu de la nuit, elle est sans doute partie et ça serait tant mieux à vrai dire.
Arrivé devant la cellule il se fige….elle est encore là…les serviteurs aussi, ils dorment avec elle, on dirait une mère avec ses enfants, à vrai dire elle agit même en mère, comment peut-elle agir ainsi face à des gens qu’elle ne connait pas ? Il l’observe et remarque que la joue qu’il a giflée gonfle à vu d’œil. Elle est plus fragile qu’il ne le pensait, il devra faire attention, s’il la tue les habitants finiront par le savoir et seront plus pénible qu’avant… :
-Quelle humaine idiote…



Aux mots prononcés par le démon l’un des enfants se réveille, Alidor, il voit directement le démon et se fige. Etant contre Violine il n’ose rien faire de peur de la réveiller et d’attirer la colère du démon. Celui-ci le repère bien sûr et approche sa main de la jeune fille, Alidor ne sait pas quoi faire et se contente de se serrer contre la jeune fille comme pour la protéger, le démon prend une mèche des cheveux de la jeune fille dans sa main et d’un coup d’ongle la coupe. Il la prend et se redresse, regardant l’enfant il dit :
-Je te conseille de ne rien dire à propos de ceci, tu as compris ?
Alidor hoche la tête effrayé à la perspective de savoir ce qu’il va lui faire si jamais il explique à Violine ce qu’il a fait. Le démon s’en va laissant l’enfant se blottir contre la jeune fille. Le démon revient dans sa chambre et attache la mèche de cheveux avec un bout de ficelle, pourquoi donc l’a-t-il pris ? Il ne le sait pas lui-même à vrai dire mais il la voulait c’est tout. Il la dépose dans un coffret et l’observe une bonne partie de la nuit avant de se rendormir. Au réveil Violine ne peut que constater l’état d’Alidor, elle se redresse réveillant les autres et serre l’enfant contre elle :
-Qu’est-ce que tu as Alidor ? Tu as fait un cauchemar ?
L’enfant la regarde et hoche la tête, il préfère qu’elle croit ça. Violine se met à le bercer doucement :
-Ne t’en fais pas je suis là, oubli ce cauchemar ce n’est pas réel.
Pour lui ce qui l’a chamboulé était bien réel…Violine ressent encore la douleur d’hier et passe sa main sur sa joue affichant de suite une moue de souffrance :
-Ca a gonflé…
Voyant l’inquiétude sur le visage des enfants elle leur sourit :
-Ne vous en faîtes pas ça reviendra comme avant d’ici peu.
L’un des enfant remarque le changement dans les cheveux de la jeune fille et le lui signale, elle passe sa main dans ses cheveux :
-Mais…qu’est-ce qu’il s’est passé ? je ne me souviens pas m’être coupée une mèche de cheveux…
Elle réfléchit un temps…ça pourrait être lui non ? Ca expliquerait l’état de l’enfant…mieux vaut ne rien dire, qui sait ce qu’il pourrait lui faire. Elle se contente de sourire aux enfants et de dire :
-Vous ne devez pas lui amener son petit-déjeuner ? Mieux vaut le faire vite comme ça on mangera ensemble et après on pourra se laver.
Les enfants la regardent, se laver avec elle ? Ca va finir en jeu à tous les coups ! Alors autant se dépêcher ! Il faut trouver une salle de bain où il n’ira pas pour être tranquille ! Ils se dépêchent donc de préparer le déjeuner, cette fois c’est Profen et Clément qui le lui apportent. Une fois dans la chambre ils déposent le tout sur la table. Le démon remarque que l’enfant qu’il a puni est là, il est bien courageux de se montrer à lui si tôt. C’est sans doute ce qui lui a valu son nom. Assis sur son lit il les observe, elle a donc choisi leur prénom en fonction de leur caractère… :
-Profen.
L’enfant redresse la tête confirmant son prénom au démon, celui-ci pose les pieds au sol toujours assis sur son lit :
-C’est donc bien ton prénom. En es-tu satisfait ?
L’enfant hoche timidement la tête, il ne sait pas du tout ce qu’il a en tête, c’est la première fois qu’il parle de ce genre de chose et du coup il ne peut pas prévoir ce qu’il compte faire… :
-On dirait que vous la considérez tous comme votre mère, vous n’aviez pas cette attitude envers mes précédentes femmes. Est-elle donc si spéciale que ça ?
Il ne sait pas quoi dire, ce n’est pas comme s’il pouvait parler mais que doit-il faire. Faire comprendre que oui ? Et dans ce cas est-ce qu’il va vouloir lui faire du mal ? faire du mal à celle qu’ils considèrent tous comme une mère aimante ? Et s’il dit non est-ce que cela reviendra au même ?
-Eh bien ? j’attends une réponse de ta part, est-elle spéciale ?
Profen hoche alors la tête, s’il ment le démon le saura et risque de se fâcher alors autant dire la vérité…Celui-ci sourit, il connaissait la réponse avant même qu’il ne la montre.
-Il est vrai qu’elle n’est pas comme les autres. Plus…calme déjà. Moins pénible on va dire. Peut-être que je devrais l’amener là-bas pour tester son côté spécial non ?
Profen et Clément le regardent apeurés, il ne veut quand même pas l’y exposer ? il ne l’a jamais fait avec les autres alors pourquoi avec elle ? C’est parce qu’ils sont proches d’elle ? Ca serait à cause d’eux ? Ils ne veulent pas….ils secouent la tête ensemble pour le supplier de ne pas le faire.
-Vous avez peur qu’elle n’y résiste pas n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas si cruel que ça, si elle y va vous irez aussi, je ne veux en aucun cas séparer des enfants de leur « mère ». Vous pouvez y aller.
Les enfants sortent craignant de plus en plus pour Violine, ils la rejoignent vite en tentant de se remettre pour ne pas l’inquiéter.
Peu après ils trouvent une baignoire assez grande et une fois pleine ils se retrouvent dedans tous les cinq, Violine s’affaire à les laver comme il faut :
-Lascivus viens par ici !
L’enfant tente de lui échapper mais sans succès, elle le plaque contre elle et commence à le laver :
-Toi tu n’aimes pas ça on dirait !
-...m…m…
Violine se fige en voyant qu’il essaie de parler :
-Lascivus ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
-Ma…man…
-Maman ? Moi ?
Il hoche la tête et répète ce mot encore et encore, Violine lui sourit et embrasse son front :
-Je suis très fière de toi Lascivus ! Tu as dit ton premier mot ! Je suis sûre que tes frères le diront aussi !
Pendant qu’ils essaient sans succès des pas approchent, le démon cherchait justement la jeune fille, à vrai dire il ne savait pas quoi en faire mais au final l’opportunité est trop belle pour ne pas être saisie. Il entend de nouveau des rires, ils rient à nouveau après ce qu’il s’est passé ? Bientôt ils riront moins. Il arrive devant la salle de bain et entend l’un des enfants dire un mot, « maman », eh bien il avait raison ils la considèrent comme leur mère. Il entre et sitôt vu les enfants se mettent autour de Violine pour cacher sa poitrine au démon. Celui-ci n’a cependant pas l’air de s’en soucier :
-Tu es bien entourée à ce que je vois, mais ils n’ont aucune raison de le faire je n’ai aucune attirance pour le corps des humaines.
Il regarde Lascivus et dit :
-C’est celui-là qui a parlé non ?
-Oui, pourquoi ?
-Simple question, je suppose que lui aussi a un prénom, quel est-il ?
-Lascivus.
-Sur quoi t’es-tu fondé pour l’appeler ainsi ?
-Lascivus aime taquiner ses frères, il est plus chahuteur que les autres.
-Il semblerait que ce prénom lui plaise aussi. Lascivus.
L’enfant le regarde, Profen lui n’est pas rassuré, quand il l’avait appelé par son prénom c’était surtout pour parler de la jeune fille et il n’a pas aimé ça. Le fait qu’il la questionne sur lui le rassure encore moins :
-Etant donné que tu es le seul à « parler » tu accompagneras Violine.
Profen et Clément se regardent, l’accompagner…il parle de ce lieu ? Mais il avait dit qu’ils iraient tous ensemble ! Pourquoi un seul ? La jeune fille est perplexe, l’accompagner ? Mais où ?
-Puis-je vous demander où il devra m’accompagner ?
-Dans un monde différent du tien, empli de démons et de créatures étranges, du moins pour un humain.
-Pourquoi dois-je venir ? Si ce n’est pas un lieu pour humains je ne devrais pas y être….
-Tu y viendras car tu es mon épouse c’est tout. Tu sembles plus bavarde qu’au début, qu’est-ce qui te rend si loquace ?
-Le droit de parler.
-Je vois.
-Pourquoi Lascivus doit-il m’accompagner ? Ce n’est pas dangereux pour lui ?
-Si mais je m’en moque, ce n’est pas plus dangereux pour lui que pour toi. Au début je pensais que les quatre viendraient mais je ne suis pas d’humeur à chaperonner 5 êtres inférieurs. Finissez de vous laver et nous iront.
Il s’en va les laissant dans un calme inhabituel pour eux. Le démon se met à réfléchir, ses serviteurs sont stupides, pensaient-ils vraiment qu’il pourrait ressentir quelque chose à la voir dévêtue ? Elle est loin d’être attirante, sur ce point on peut dire qu’elle n’a rien à craindre de lui.
Violine finit de laver les enfants puis elle, une fois le tout fait ils sortent et se sèchent :
-Ne t’en fais pas Lascivus je serai avec toi.
-maman…
Elle lui sourit et lui prend la main. Les autres enfants les suivent jusqu’à arriver au bureau du démon, celui-ci sourit en les voyants tous, décidément ils ne peuvent plus se décoller d’elle, c’est assez amusant à vrai dire.
-Je vois que vous êtes prêts, fais cependant attention là-bas, il est rare d’y trouver des humains tu risquerais d’être une cible assez amusante pour eux.
-Je ferai attention.
Il prend le poignet de la jeune fille et disparait sous les yeux des trois frères qui deviennent plus inquiets à la pensée qu’elle se retrouve là-bas.
Ils apparaissent dans une grande rue pleine de démons en tout genre, tous bien sûr s’arrêtent dans leurs activités en voyant une humaine. Le démon lâche Violine et commence à avancer, celle-ci lui emboite le pas en tenant Lascivus qui surveille les environs de sa mère, tous ces démons ont l’air bien trop intéressé par elle.
Pourquoi le démon marche-t-il si vite ? Enfin ce n’est sans doute pas rapide pour lui mais pour elle et Lascivus ça l’est. Soudain Violine se fait attraper le bras et se retourne de suite. Un démon d’âge assez jeune, du moins elle pense, vient de l’arrêter :
-Tu es perdue jeune humaine ?
-Non.
-Et où te rends-tu si tu n’es pas perdue ?
-J’accompagne quelqu’un.
-Mais je vois aussi que tu es bien accompagnée, un toutou. Tu ne préfères pas changer de chaperon ?
-Non merci. Pouvez-vous me lâcher ?
-Mmh non.
Il tente de la tirer vers une autre direction mais Lascivus ne l’entend pas de cette oreille et le mord au bras, de suite le démon lâche Violine et lève son bras pour le frapper, bras qui ne bouge pas, arrêté par l’époux de Violine :
-Tu seras gentil de ne pas punir mon serviteur à ma place et de ne pas importuner ma possession.
Lascivus lâche le bras du démon et se réfugie contre Violine, il craint d’être puni par le démon qu’il sert. Celui-ci se contente de chasser l’autre et de continuer sa route suivi par la jeune fille et l’enfant :
-Tu peux lui dire que pour cette fois il ne sera pas puni, étant donné qu’il a agit pour protéger ce qui m’appartient.
Violine se contente de rester silencieuse observant les alentours, ce qui est étrange c’est qu’elle ressent un léger malaise. Sans doute à cause de cette ambiance, tous les démons la regardent et chuchotent, elle n’entend pas ce qu’ils disent mais préfère ne pas le savoir, leurs regards parlent pour eux…Ils arrivent devant un grand château, le démon s’arrête et se tourne vers elle :
-Nous allons voir une personne très importante, je te suggère donc de te contenter de réponse courte et de ne pas faire d’esprit tu m’as compris ?
-Oui.
-Et s’il est aussi chahuteur que tu le dis je te prierai de la maitriser sinon je serai contraint de le punir et cette fois tu ne pourras pas prendre sa place.
-D’accords.
Une personne importante ? Vu le château c’est sans doute le dirigeant de cette ville voire de ce monde…en tout cas un dirigeant c’est certain. Une fois un long couloir traversé ils se retrouvent dans une grande salle, au fond se trouve un démon à la peau noire, il doit être puissant, c’est ce que pense la jeune fille et elle n’a pas tord, même si cette couleur est plus la preuve d’une appartenance sociale que d’une certaine puissance.
Violine remarque de suite les trois jeunes démones à ses côtés, sûrement des concubines, eh bien il ne se contente pas d’une seule femme, il ne doit même pas savoir ce qu’aimer veut dire. Il lui rappelle quelqu’un…elle va devoir adopter le même caractère que lorsqu’elle était face à lui, elle a l’habitude…Ils arrivent devant lui, il sourit ce qui visiblement n’est pas bon signe :
-Eh bien Belitor ça fait longtemps que je t’ai envoyé cette invitation et c’est seulement maintenant que tu daignes venir ?
Belitor ? Le nom du démon on dirait, c’est vrai qu’elle n’a jamais pensé à le lui demander. Le démon se contente de lui répondre en ces termes :
-Navré mais j’ai eu des petits soucis.
-Encore ces villageois n’est-ce pas ? Qu’attends-tu pour les tuer ? Ils ne t’attirent que des ennuis.
-Les tuer ne serait pas discret vous le savez bien.
-Certes, mais dis-moi tu n’es pas venu seul on dirait, qui sont-ils ?
-Mon serviteur et mon épouse.
-Par épouse tu entends celle que ces villageois t’ont donné ?
-Oui.
-Ils n’ont pas renoncé à cette….habitude ?
-Pas encore non.
-C’est la numéro combien cette fois ? 5 ?
-6.
-Ah oui 6 ! Il est vrai que la cinquième était spéciale selon tes dires.
-En effet.
-Pourquoi donc l’as-tu amené ? Tu sais que les humains supportent mal ce monde même si elle a l’air de bien se sentir.
Ce malaise….c’est donc ça ? Ce monde est mauvais physiquement pour les humains alors, c’est une manière à lui de s’amuser avec elle ? de la punir ? Qui sait… :
-Il semble qu’elle soit spéciale.
-Ah bon ? Elle aussi ?
-Mes serviteurs ont l’air de beaucoup l’apprécier, celui-ci a même appris un mot.
-Il parle ? je ne savais pas que ceux de cette race pouvaient parler…mmh j’en veux la preuve. Fais-le parler pour voir.
-Vous risquez d’être déçu il ne sait dire qu’un mot.
-Un mot, une lettre peu importe.
Il se tourne vers Lascivus et dit :
-Dis-lui le mot que tu as appris.
Lascivus regarde Violine, elle lui sourit pour l’encourager, autant ne pas énerver les gens ici présent, elle ne pourra pas le protéger contre tous. Lascivus retourne alors son regard sur le dirigeant :
-….maman…
Le dirigeant se met alors à rire, visiblement amusé à la fois par le mot et à la fois par la voix enfantine du serviteur :
-Maman ? C’est en pensant à elle que tu dis ça ? Une humaine, considérée comme une mère par des démons ! Eh bien Belitor tu avais raison elle doit être spéciale ! Dis-moi jeune humaine comment t’appelles-tu ?
-Violine.
-Eh bien Violine tu as réussi deux choses impossibles : la première tu résistes bien à ce monde, je n’ai pas encore vu d’humain qui résiste après cinq minutes mais tu dois ressentir quand même un certain malaise non ?
-Un peu oui.
-Ah je m’en doutais ! Mais tu es quand même celle qui résiste le mieux, et la seconde chose c’est de réussir à faire parler sa race. On avait jamais entendu leur voix mais elle est amusante. Sais-tu pourquoi ils ne peuvent pas parler ?
-Non.
-C’est dans leur gêne, il y a longtemps un grand démon, pour s’amuser, a décidé de les priver de parole, enfin du don de parler. Et toi tu as réussi à lui faire dire maman ! Par ailleurs….d’où te vient cette couleur d’yeux ? Mauve ce n’est pas banal pour une humaine.
-Je ne sais pas, je n’ai pas vu mes parents depuis mes 4 ans.
-Ils sont morts ? Quel dommage…
-Pas morts. Ils m’ont juste vendue.
-Eh bien, voilà encore une tare des humains. S’ils t’ont vendu je suppose qu’ils ne pourront rien nous dire sur tes yeux. Ma curiosité vient d’être tranchée dans le vif là. Quel ennuie, moi qui croyais m’amuser. Belitor, tu ne l’as pas encore fait tienne non ?
-Non, son corps ne m’attire nullement.
-Il est vrai que le corps d’une humaine n’est pas séduisant je te comprends, que dirais-tu si je te l’échangeais contre une de mes concubine ?
-Vous la désirez ?
-Non mais j’aimerais m’amuser avec elle c’est tout.
-Je me vois dans l’obligation de refuser.
-Mmh je comprends, c’est ta femme après tout, même si tu ne l’aimes pas tu as toujours cette fidélité qui te tient à cœur, c’est un très vilain défaut pour un démon tu le sais ?
-Personne n’est parfait vous le savez bien.
-Pas même moi, quoique…Belitor, j’ai remarqué que sa joue est gonflée, tu l’as punie ?
-Oui hier.
-Voyons fais attention, les humains sont fragiles !
-Je ferai attention à l’avenir.
- Bon tu devrais ramener ton épouse avant qu’elle ne se mette à cracher du sang, le sol vient d’être lavé.
-Je comprends. Au revoir.
-La prochaine fois n’attends pas si longtemps pour venir me voir.
-J’en prends note.
Ils repartent et sitôt sorti du château il prend la main de Violine pour revenir…mais alors ils auraient pu apparaitre directement devant le château ? Aurait-il fait exprès de les faire arriver dans la rue ?
Ils se retrouvent dans le bureau du démon où Alidor les attend, visiblement ils se sont relayés pour être sûrs qu’ils reviendraient. Violine tombe alors à genoux, sa tête s’est mise à tourner subitement et elle se sent vraiment nauséeuse, les deux enfants l’entourent pour voir si elle va bien tandis que le démon reste à l’observer :
-Il est vrai que je ne t’ai pas prévenu de ce désagrément, les humains ne peuvent pas vivre chez les démons, soit ils meurent soit ils sont pris de nausées ou de maux de tête. Apparemment toi ça c’est déclaré à notre retour. Tu es plus résistante qu’il n’y parait.
Il remarque qu’un autre de ses serviteurs est là :
-Eh bien, tu pensais que je ne reviendrais pas ? Ou que je la laisserai là-bas ?
L’enfant se contente de baisser la tête, il savait qu’il reviendrait mais il avait peur de l’état de Violine. Le démon s’assoit à son bureau :
-Vous pouvez sortir de mon bureau maintenant, aidez-la il semblerait qu’elle ne soit pas capable de se lever seule…
Les enfants l’aident à sortir avant que le démon ne le fasse, ils savent qu’il ne sera pas tendre. Ils la ramènent dans la cellule et Alidor va de suite chercher de l’eau et une couverture pendant que Lascivus surveille Violine :
-Maman…
-Ca va….ne t’inquiète pas…je vais juste…m’allonger un peu.
Violine s’allonge doucement, elle ne se sent vraiment pas très bien, Lascivus vient contre elle, inquiet de son état. Alidor revient et pose la couverture sur elle, bien vite Clément et Profen arrivent, Clément se met de sorte que la tête de la jeune fille soit surélevé, elle lui sourit :
-Merci….tu es gentil…
Finalement elle s’endort épuisée par sa journée, dans son bureau le démon réfléchit :
-Des yeux mauves….c’est vrai que ce n’est pas très normal….où les a-t-elle eu ?


Violine se réveille doucement, combien de temps a-t-elle dormi ? Elle ne le sait pas mais elle se sent mieux, toujours un peu nauséeuse mais ça va. Elle remarque que Clément est là à la veiller, elle se redresse et le prend doucement contre elle :
-Merci d’être resté là avec moi, tu es gentil.
Clément lui sourit et se colle à elle, heureux de voir qu’elle va mieux :
-Où sont tes frères ?
Clément fait des gestes montrant qu’ils préparent à manger, Violine se lève et lui dit :
-Allons les rejoindre, à plusieurs ça sera plus amusant non ?
Clément hoche la tête et lui prend la main pour la guider jusqu’à la cuisine. Une fois arrivés les autres enfants se jettent directement sur elle, inquiet de savoir qu’elle s’est levée :
-Ne vous inquiétez pas je vais bien, je vais vous aider à préparer à manger
Alors qu’ils allaient reprendre le travail un orage violent se met à éclater effrayant les quatre serviteurs qui viennent se réfugier contre la jeune fille. Elle les entoure de ses bras et parle d’une voix douce :
-Laa, laa, tout va bien je suis là. Vous n’aimez pas l’orage n’est-ce pas ? Alors ne vous forcez pas à préparer à manger, c’est moi qui vais cuisiner, je le lui apporterai dans sa chambre n’ayez pas peur.
Les quatre enfants hésitent, ils savent que le démon déteste le changement surtout quand on ne l’a pas averti et ils ne savent pas comment il va réagir si c’est elle qui cuisine et lui sert à manger. Mais force est de reconnaitre que vu la violence de l’orage ils ne feront que sursauter et forcément l’agacer…Ils se résignent et la laissent faire, tout au long de son travail de cuisine les enfants sont restés collés à elle par peur de la tempête. Une fois prêt ils ont été obligés de la lâcher et se sont regroupés dans un coin collés entre eux, la jeune fille prend le plateau et se met en route en leur souriant.
Elle se souvient du chemin jusqu’à sa chambre c’est déjà ça, une fois devant elle tape à la porte et attend qu’il lui dise d’entrer. Le démon, ne s’attendant pas à la voir, regarde par la fenêtre. Pensant avoir à faire aux enfants il dit, sans se retourner :
-Visiblement vous vous êtes fait à l’orage, je pensais que vous seriez encore dans les jambes de votre « mère ». Peut-être faudrait-il que j’aille la voir pour m’assurer de son état.
-Inutile je vais bien.
Le démon se retourne surpris, comment se fait-il que ce soit elle qui vienne lui apporter son repas ?
-Que fais-tu ici ?
-Les enfants avaient peur de l’orage c’est donc moi qui me suis occupée de votre repas.
-Tu as cuisiné ?
-Oui.
-Je ne pensais pas que tu en étais capable.
-J’ai appris, cela risque d’être différent de ce dont vous avez l’habitude cependant.
-Nous verrons bien, de toute manière ce qu’ils me préparent est tout juste correct et je ne pense pas que tu puisses faire pire.
-Moi je trouve au contraire que ce qu’ils font est très bon.
-Je vois et où sont-ils ? je suppose qu’ils se cachent.
-L’orage est violent, c’est normal qu’ils en aient peur.
-Pourtant tu n’as pas peur toi.
-J’y suis habituée.
-Tu sembles habituée à bien des choses, l’orage, le froid, les coups, ils m’ont dit que tu appartenais à quelqu’un, est-ce lui qui t’as habitué ?
-Oui.
-C’était un humain non ?
-Oui mais son âme est noire.
-Plus que la mienne ?
-Bien plus…
-Pourtant tu as dû remarquer que je ne suis pas tendre, en quoi est-il pire que moi ?
-En plein orage il me forçait à dormir dehors, qu’il fasse froid, vent ou pluie…
-Et qui te dit que je ne vais pas faire de même ?
-Rien du tout.
-Eh bien, dis m’en plus sur lui. Je suis curieux de savoir comment agit un humain qui est pire que moi.
-Vos serviteurs…
-Eh bien ?
-Il les aurait tués sans hésiter.
-Ils me sont utiles pourtant sinon je l’aurais fait.
-En ce qui le concerne utile ou non il les aurait tués.
-Et pourquoi ?
-Car je leur accorde de l’attention.
-Seulement pour ça ? Il est spécial, tu m’as dit il y a quelque temps que tu parlais plus ici car tu en avais le droit, je suppose que lui t’interdisais de parler.
-Oui, je devais me contenter de me taire et d’obéir.
-Belle attitude.
-Pourtant ici vous ne me l’imposez pas.
-Simplement parce que t’entendre parler est amusant contrairement aux autres femmes que j’ai eu. En tant qu’humain il a dû bien sûr prendre possession de ton corps non ?
-Non.
-Tiens….c’est étrange…pourquoi n’a-t-il rien fait ?
-Il disait que je le dégoutais, il préfère les femmes plus…riches, mieux proportionnées. Selon lui il se sentirait souillé d’éprouver ne serait-ce que de la sympathie à mon égard alors toucher mon corps le débecterait.
-Personnage spécial, je serais curieux de le rencontrer.
-…je vous souhaite un bon appétit je retourne auprès d’eux…
Elle se retourne et commence à partir mais le démon lui attrape le bras la forçant à s’arrêter, elle se retourne de suite :
-Tu vas rester ici, j’aimerais manger avec toi.
-Il n’y a que votre part.
-Tu resteras tout de même.
Il la traine jusqu’au lit et le jette dessus, elle se redresse et s’assoit au milieu, le démon s’assoit à son tour et prend le plateau :
-Voyons ce que vaut ta cuisine.
Il s’apprête à manger puis s’arrête et la regarde :
-J’ai une idée, étant donné que tu as cuisiné et que tu m’as apporté à manger, c’est toi qui me feras manger.
-Comme vous voudrez.
Elle prend les couverts et pique dans l’assiette avant de lui tendre vers la bouche, elle ne sait pas à quoi il joue mais ce doit encore être un de ces jeux pour l’humilier ou la rabaisser. Il est moins « joueur » que son ancien maître c’est déjà ça…Sitôt la première bouché fini il prend son poignet et sourit :
-Tu as de la chance, c’est bon. Si tu m’avais fait quelque chose de mauvais je n’aurais pas laissé passer ça.
-Ravie que cela vous plaise.
-Tu lui faisais à manger aussi ?
-Ca m‘arrivait, la plupart du temps il mangeait chez ses maitresses, lorsque je lui faisais à manger il me jetait le plat au visage en disant que c’était mauvais, sans jamais y avoir goûté.
-C’est très malpoli de sa part, pour ma part si ça avait été mauvais je t’aurais forcé à le manger, on ne gâche pas la nourriture. Tu as vraiment des yeux fascinants, tu ne sais vraiment rien à ce sujet ?
-Non.
-Quel dommage, ce genre d’yeux ne se trouve que chez les démons pourtant tu ne dégages aucune aura de démon. Peut-être que l’un d’eux t’as juste donné ces yeux à ta naissance, pour quelle raison ça c’est un mystère.
Un coup de tonnerre fait dévier le regard de la jeune fille, elle s’inquiète pour les enfants…ils l’attendent et ont peur…le démon ramène son regard sur lui et dit :
-Tu t’inquiètes pour eux n’est-ce pas ?
-Oui.
-Va donc les chercher, je serais curieux de voir comment tu vas t’y prendre pour les calmer.
-Bien.
Elle sort de la chambre et arrive vite à la cuisine, elle voit les quatre enfants recroquevillés les uns contre les autres. Elle va de suite à côté d’eux et pose ses mains sur eux :
-Je suis là ne vous en faîtes pas.
Ils lèvent la tête et se jettent tous sur elle :
-Nous allons devoir aller dans la chambre de Belitor, il tient à…ce que vous y soyez…
Ils la regardent d’un air suppliant mais elle ne peut pas aller contre la volonté du démon, elle a peur de ce qu’il leur ferait si elle lui désobéissait. :
-Nous devons y aller, ne vous en faîtes pas je suis là.
Finalement ils se résignent, ils savent que de toute façon ils n’ont pas le choix, pendant ce temps le démon finit son plat, c’est vrai que c’est différent de ce qu’il mange, mieux. Il entend à nouveau frapper, ce doit être eux, voyons donc comment sont ses serviteurs quand ils sont terrorisés et comment elle va les calmer. Après l’accord d’entrer les cinq invités entrent doucement, ce que le démon peut voir en premier c’est que ses serviteurs sont tous accrochés à elle, c’est à se demander comment elle a fait pour marcher.
-Mettez-vous dans un coin ça ira.
La jeune fille les guide dans un endroit de la chambre loin de la fenêtre et s’assoit au sol, les enfants viennent se caller contre elle, les oreilles basses et leurs queues entre leurs jambes. Elle les câline et les rassure comme elle peut de sa voix douce. Belitor se contente d’observer, c’est tout ce qu’elle va faire ? les cajoler ?
-Penses-tu que cela va suffire ?
-Oui, ils ont juste besoin d’une présence rassurante près d’eux.
-Je suppose donc qu’avec moi ils ne se calmeraient pas.
-C’est possible.
-Passes-en-moi un pour voir.
Elle resserre son étreinte autour d’eux et lève les yeux vers le démon :
-Quel plaisir allez-vous tirer à faire ça ?
-Discuterais-tu ce que je te demande ?
Sentant la colère du démon monter Profen se lève, une fois de plus il se sacrifie pour ses frères. Le démon reconnait cet enfant et dit :
-Encore toi n’est-ce pas, je vais finir par croire que tu aimes ma présence.
Violine le regarde aller vers le démon, elle est inquiète. Profen est sans doute le plus courageux mais l’orage l’effraie autant que ses frères, ceux-ci lancent des regards vers lui. Ils sont conscients qu’il prend toujours pour eux et s’en veulent de le laisser subir ça. Profen se retrouve devant le démon, l’orage gronde encore et on peut voir qu’il prend sur lui pour ne pas revenir se réfugier contre la jeune fille. Le démon l’observe et prend son bras :
-Décidément tu es bien le plus courageux de tous, il y a quelques jours tu as pris la place de ton frère pour subir ma punition et à présent tu te sacrifies pour satisfaire ma curiosité.
Il observe Violine, eh bien comme il s’y attendait elle est inquiète, comme une vraie mère, c’est assez amusant, étant donné qu’elle est son épouse cela ferait de lui le père de ces enfants. S’ils étaient ses enfants ils seraient nettement plus forts… :
-Bien, je vais donc répéter tes gestes puisqu’il semblerait que cela suffise à les calmer.
Il prend Profen contre lui et tout comme Violine l’entoure de ses bras, ce qu’il est frêle…il n’a pas intérêt à serrer trop fort autrement il va lui briser les os. Cela dit l’effet n’est pas le même, au contraire même, le serviteur semble avoir davantage peur et chaque coup de tonnerre complique sa situation.
-Eh bien, il ne se calme pas, au contraire, c’est plutôt amusant en fait.
-….pouvez-vous me le rendre ?
-Pourquoi cela ?
-Il n’en peut plus je le vois.
-Ah ? Tu l’aimes vraiment pour le remarquer aussi facilement.
Sans prévenir il le lance hors du lit et dit :
-Reprends-le je ne souhaite pas continuer à le sentir contre moi.
Sitôt au sol Profen se précipite contre Violine, celle-ci le serre contre sa poitrine et embrasse le dessus de sa tête :
-Je suis là Profen calme-toi.
Elle le regarde, le pauvre enfant est au bord des larmes, il se retient sans doute pour ne pas énerver le démon. Les autres enfants entourent leur frère, ils tentent d’oublier l’orage pour consoler Profen. Violine se balance doucement pour bercer l’enfant, berçant du même coup ses frères qu’elle tient toujours contre elle. Doucement elle chante une berceuse pour les aider. Le démon l’écoute, il ne savait pas qu’elle savait chanter, ce n’est pas désagréable à entendre et ça calme les serviteurs.
Au bout d’un moment il voit qu’ils ne bougent plus, se sont-ils endormis ? Alors qu’il est là ?
-Dorment-ils ?
-Oui.
-C’est curieux, je suis pourtant là…
Il remarque un sourire sur le visage de la jeune fille, elle semble perdue dans la contemplation de ces enfants, il se demande vraiment comment elle fait pour supporter leur présence si près, lorsqu’il avait Profen contre lui il sentait juste la faiblesse de sa race mais elle non visiblement. Il ne peut même pas dire qu’elle ressent de la pitié pour eux…dans son regard il voit juste de l’amour pour eux.
C’est étrange, c’est un regard qu’il aimerait lui voir plus souvent à son égard…ce regard si doux…ce doit juste être car il n’y est pas habitué, on désire toujours ce qu’on a pas. A force de les cajoler elle finit elle aussi par s’endormir, le démon en profite pour s’approcher et s’asseoir à côté d’elle, ainsi il existe vraiment un humain pire que lui. Eh bien s’il le voit il pourra lui parler car même si à cette époque elle n’était pas à lui il ne supporte pas qu’on touche à ce qui lui appartient et cet homme l’a touché. Il se demande tout de même pourquoi cela lui tient tant à cœur.
Il ne la désire pas, ne l’aime pas et ne fait preuve d’aucune délicatesse à son égard alors pourquoi ne souhaite-t-il pas la partager ? Il dit qu’il ne la désire pas mais étrangement il se sent attiré par elle…comme si le fait de penser qu’elle ne sera plus là le rend plus…irritable…c’est étrange mais il verra bien. Alidor se réveille alors et repère le démon à côté d’eux. Celui-ci le regarde, décidément c’est à croire que sa présence le réveille… , il murmure alors :
-Encore toi, tu sais que tu ne devras rien dire n’est-ce pas ?
Alidor hoche la tête n’osant pas bouger mais il trouve tout de même curieux que le démon observe la jeune fille en ayant aucunes mauvaises intentions dans le regard. Le démon lui sourit et dit :
-C’est bien, je ne vais rien lui faire alors tu seras gentil de ne pas afficher cet air effrayé quand elle se réveillera.
De nouveau il acquiesce, de plus en plus curieux…la première fois il lui a pris une mèche de cheveux et là il lui dit qu’il ne va rien faire, d’ailleurs il se contente de la regarder, un regard…qui dit bien des choses…est-ce qu’il pourrait…l’apprécier ? Ca serait possible ? Peut-être qu’il devrait partager ça avec ses frères mais…quelque chose lui dit qu’il doit en avoir le cœur net avant mais comment il va faire ? Lui qui n’ose jamais rien entreprendre ! Il va devoir deviner ou…prendre son courage à deux mains et tenter le tout pour le tout…
Sans s’en rendre compte le démon s’endort laissant sa tête se poser sur celle de la jeune fille, Alidor l’observe un temps avant de s’endormir à son tour. Belitor se réveille le premier et se surprend à découvrir dans quelle position il a dormi. Il ne doute pas que l’enfant l’a vu…mais il sait qu’il gardera le silence…cela lui donne l’impression de compter sur lui c’est étrange…
Il rejoint son lit pour donner l’impression qu’il n’a pas bougé mais Alidor, lui, sait. Il se réveille d’ailleurs et observe tout autour, c’est la première fois qu’ils dorment dans sa chambre, pour eux c’est un lieu où ne règnent que la peur et la souffrance et là ils y ont dormi sans grande difficulté. Mieux encore le démon semble s’assagir…mais peut-il vraiment y croire. Il regarde en direction du lit et bien sûr se fait remarquer par le démon, il se lève et se poste devant lui :
-Toi…viens donc ici.
Alidor ne peut s’empêcher d’appréhender, il va sûrement le punir parce qu’il a encore vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir mais rassemblant tout son courage il sort doucement de sur Violine et vient près du démon. Il lui prend le poignet et l’entraine près du lit, il ne veut pas prendre le risque qu’elle entende. Une fois hors de portée d’être entendu il lui dit :
-Je suppose que tu as remarqué non ?
Alidor sait pertinemment qu’il parle de son attirance pour Violine, il hoche donc la tête craignant sa réaction :
-Bien, je le savais déjà. Etant donné que tu le sais tu vas faire deux choses pour moi. La première : je t’interdis formellement d’en informer tes frères et encore moins Violine c’est compris ?
Tiens….c’est la première fois qu’il l’appelle par son prénom en sa présence…alors il ne s’était pas trompé ! Mais pour le moment il fait comprendre au démon qu’il ne révèlera rien :
-Et la seconde : tu vas m’aider avec elle. Je suis sûr que tu as remarqué qu’en ce qui concerne l’affection et ce genre de chose m’est étranger non ?
De nouveau il acquiesce, de toute manière il ne peut pas manifester l’inverse c’est impossible… :
-C’est bien, je ne sais pas ce que tu prévois de faire mais sache une chose : si tu parviens à faire en sorte de nous rapprocher je ne lèverai plus la main sur vous.
Là Alidor ne peut s’empêcher de redresser ses oreilles, il pourra le faire ? il pourra se retenir de les frapper ? il dit vrai ? On dirait oui…il lui sourit montrant qu’il fera de son mieux. Le démon fait alors un geste qui va surprendre Alidor au plus haut point, il lui donne une tape gentille pour le pousser vers Violine et dit :
-Merci, va donc la rejoindre autrement elle va s’inquiéter.
Ce geste et ces paroles étaient vraiment douces…il a vraiment changé et grâce à elle en plus ! Grâce à celle qu’ils ne veulent plus quitter. Il la rejoint sans avoir peur comme lorsqu’il a quitté ses bras, il se glisse dans ses bras et la regarde en souriant. Elle est capable de miracle, elle a changé un être qui n’agissait qu’en faisant le mal…
Le démon est lui aussi surpris, il éprouve de la reconnaissance pour ce serviteur et même….un peu de sympathie…il est certes faible mais pas méchant, contrairement à beaucoup de démons, et d’humains, il ne semble pas connaitre la trahison ce qui pour le démon est une très bonne chose. Il a conscience de s’assagir mais…peut-être le peut-il sans risquer d’être poignardé dans le dos. Ca ne serait pas si mal….du moment qu’il est avec elle du moins, avec cette humaine qu’il a eu du mal à apprécier.



Deux semaines sont passées depuis que le démon s’est rendu compte de son attirance pour Violine mais on ne peut pas dire que la situation a évolué, malgré les efforts d’Alidor la tâche lui est compliquée par un facteur des plus contraignant… : l’inexpérience du démon. Cela en parait même comique. Belitor connait si peu de chose au sujet de la sympathie ou de l’affection qu’il ne comprend pas les signes d’Alidor.
Tiens, il y a deux jours Violine avait du mal à porter un panier de linge qu’elle voulait étendre, Alidor a tenté de faire comprendre au démon qu’il devait l’aider à le porter mais ne comprenant pas il s’est contenté de l’encourager…il est à noter qu’il ne voulait pas paraitre mesquin ou sarcastique mais son ton l’a fait croire.
On peut remarquer cependant qu’Alidor n’a plus peur de lui, à vrai dire il trouve sa maladresse assez amusante mais jamais il ne se permettra d’en rire même si par moment il part dans un coin discret pour rire…
A vrai dire en ce moment il essaie de faire à nouveau comprendre quelque chose au démon, voyons cela.
Depuis peu Violine s’occupe du jardin, inutile de dire dans quel état il était… Le démon se prend à l’observer de sa fenêtre mais Alidor pense que ça serait mieux qu’il l’aide. Il va donc le voir et tire sur son pantalon :
-Ah tu es là, tu veux encore m’aider ?
Alidor hoche la tête mais le démon soupire :
-Je vais encore tout comprendre de travers tu le sais bien, je suis même incapable de lui parler sans que ça ait l’air de l’agresser.
Alidor tire encore sur son pantalon forçant le démon à céder :
-Bon…nous verrons bien, qu’as-tu prévu cette fois ?
Il pointe les fleurs du doigt, il veut lui faire comprendre qu’il doit complimenter Violine sur le travail qu’elle a fait ou même s’il peut la comparer aux fleurs, c’est certes classiques mais il faut commencer par là ! Le démon regarde alors les fleurs :
-Le jardin a bien changé, elle l’a embelli.
Alidor hoche la tête et sautille pour lui dire que c’est ça qu’il doit annoncer à la jeune fille :
-Tu veux que je le lui dise ?
Il affirme ça et se prend à se dire qu’il a enfin compris !
-Crois-tu que cela lui plairait ?
Il le tire à nouveau pour l’encourager, Belitor sort alors de sa chambre et va au jardin, Alidor se cache derrière un fourré pour l’aider au cas où. Le démon s’approche de la jeune fille alors qu’elle plante d’autres fleurs. Il va tenter de lui parler sans avoir l’air mauvais… :
-Tu travailles beaucoup aux jardins.
Violine se retourne, elle a remarqué que depuis un moment il lui parle mais jusque là elle n’a rien remarqué de franchement aimable :
-Oui, il était triste alors j’ai décidé de l’égayer…cela ne vous gêne-t-il pas ?
-Non, je ne m’en occupe pas, ce qu’il devient ne me regarde donc pas.
Il a vraiment l’impression d’être désagréable…il doit faire un effort, il doit la complimenter sur son travail, ça ne devrait pas être compliqué, il lui suffit de lui dire ce qu’il pense et ce qu’il a dit à son serviteur :
-Ton travail se voit.
-Je l’espère. Je n’ai pas encore tout fini mais j’ose espérer qu’il vous plaira tout de même.
-Pour le moment ce que je vois me convient.
Peut-être aurait-il dû dire que ce qui lui convient c’est ce qu’elle a fait, dit comme il l’a dit on pourrait croire que c’est l’état d’avant qui lui convenait le mieux…Violine quant à elle se contente de cette réponse, au moins il n’a pas dit qu’elle avait enlaidie le jardin ce qui est déjà bien. Cependant pour Alidor ça ne suffit pas, il chercher autour de lui et voit une fleur sauvage, il la cueille et de manière discrètement s’approche de Belitor, il tire sur son pantalon et attend qu’il se retourne, il lui tend la fleur et pointe Violine du doigt. Il prend la fleur laissant l’enfant repartir, que veut-il qu’il en fasse ? Il veut qu’il la compare à une fleur ?
Le temps qu’il réfléchisse Violine se tourne vers lui, il a cueilli une fleur ? Pourquoi ?
-Vous avez cueilli une fleur ?
-Pardon ? Euh…oui…
-Elle est jolie, j’espère qu’il en poussera beaucoup de ce genre.
-Tiens, ce genre de choses est plus adapté à toi qu’à moi.
Il lui tend la fleur surprenant Violine, elle la prend et le remercie. Mais le démon n’est pas vraiment satisfait, la manière dont il lui a dit n’est vraiment pas celle qu’il s’était passé dans la tête…Alidor se retient de rire, il est vraiment maladroit…Mais Belitor se console en se disant qu’elle l’a remercié…c’est déjà ça.
-je vais te laisser à ton travail.
Il repart préférant tirer sa révérence plutôt que de risquer à nouveau de parler en paraissant dur…Alidor le suit et une fois à l’abri des regards Belitor dit :
-Comme toujours je n’ai pas pu lui dire ce que je voulais de la manière que je voulais…mais ce n’est pas ta faute…dis-moi…où sont tes frères ? d’ordinaire ils sont toujours avec elle.
Alidor lui fait comprendre qu’ils sont en train de s’occuper de l’ancienne cabane de jardin et de la serre pour faciliter le travail à Violine. Belitor regarde vers le ciel, comment faire ?
Alors que Violine s’apprête à planter une autre plante une ombre apparait derrière elle, la jeune fille se retourne et…lui ? Mais comment ! Elle se lève prête à partir mais la personne l’attrape rapidement lui arrachant un cri. De suite Alidor se redresse et court vers elle, intrigué le démon le suit, où court il ? Ils arrivent là où était Violine et ne voit rien :
-Elle est partie ?
Alidor renifle l’air et montre des pas différents des leurs au démon, il s’en approche, des pas humains… :
-Un humain était là…il m’a pris Violine. Mène-moi vers elle, tu connais son odeur et est capable de la suivre.
Alidor commence à courir en direction de Violine suivi par le démon. Cet humain va le payer, lui prendre Violine sur son territoire, il ne sait pas qu’il a fait la plus grosse erreur de sa vie.
Pendant ce temps l’homme a ramené Violine chez lui, elle aurait aimé ne jamais le revoir, son ancien maitre. Un homme au regard froid, on voit clairement toute la haine qu’il porte à Violine. C’est comme un défouloir pour lui, elle n’a jamais servie à rien d’autre qu’à ça. Il ferme la porte et la regarde :
-Je t’ai trouvé toi. Ils ont osé te donner à ce monstre pendant mon absence ! Mais je suppose que c’est mieux d’être avec moi qu’avec lui non ?
-….
Elle ne dit rien, elle sait pertinemment ce qui l’attend si elle parle, malgré tout ça a l’air de fâcher l’homme :
-Eh bien ! Parle ! Dis que tu préfères rester ici !
-….non….
-Oh ? Depuis quand tu te permets de te rebeller contre moi !
Il s’approche et la gifle sans prévenir. Il agrippe son cou et rapproche son visage :
-Et maintenant ?
-…non….
-Ton séjour là-bas t’a rendu indisciplinée apparemment mais je vais y remédier.
Il la traine dans une pièce qu’elle ne connait que trop bien, cette pièce froide…où résident tous les instruments qu’il aime utiliser sur elle. Tous ont servi et elle sait lesquels il aime et ceux qui la font le plus souffrir.
Bien vite son poignet retrouve la chaine qu’elle avait réussi à quitter, elle ne peut même plus s’enfuir elle le sait bien. Elle a essayé tant de fois sans aucun succès. Pourquoi a-t-il fallu que ce soit cet homme ? Pourquoi ses parents l’ont-ils vendu à sa famille ! La détestaient-ils à ce point ? Elle ne leur a pourtant jamais rien fait. A genoux elle attend l’inévitable.
L’homme regarde autour de lui d’un air satisfait :
-Voyons, ça fait un moment que je ne suis pas venu ici, ça m’a manqué à vrai dire. Sais-tu où je suis allée ?
Violine ne répond pas, trop effrayée, elle n’a jamais été aussi effrayée, même chez le démon. Même lorsqu’il l’a frappé. En ce moment d’ailleurs elle ne veut qu’une chose, le voir. Elle sait que s’il était là il la ramènerait, il la traite comme une chose mais au moins il est plus doux, nettement plus doux que lui.
-J’étais chez une femme, une femme mariée mais je l’ai convaincu de tuer son mari. Elle était riche tu sais et belle. Mais elle ne s’est jamais rendue compte que je voyais d’autres femmes. Sauf à la fin mais c’était trop tard, tout ce qu’elle avait était déjà à moi. Je n’ai eu qu’à faire un léger « accident ». Après je me suis dit « tiens je vais retourner voir Violine, elle doit s’ennuyer sans moi ! » et qu’est-ce que j’apprends en arrivant ? Que les villageois t’ont donné en épouse au démon…ils m’ont déçu, je leur avais pourtant dit de ne pas le faire, que j’allais revenir. Ils sont si stupides. Ah le voilà !
Il prend un instrument sur la table, comme une dague édentée et tordue. A sa vue Violine se colle au mur, si seulement elle pouvait la traverser…elle n’aime pas cette arme, que le coup soit rapide ou lent la douleur est insoutenable. On pourrait pourtant se demander pourquoi personne n’a jamais remarqué ça. Après tout s’il la frappe autant avec ces instruments ça aurait dû laisser des traces non ? Eh bien non…cet homme est prudent, il parvient, grâce à un onguent, à effacer toutes traces…
Il se tourne vers elle en souriant :
-Tu t’en souviens ? tu l’aimes bien non celle-là ?
Il se délecte du regard effrayé de la jeune fille et d’un coup plante la dague à côté de son visage :
-Réponds !
-….oui…
Elle sait que si elle dit non il sera plus violent, elle a l’habitude…Sa réponse fait sourire le tortionnaire :
-Je le savais.
Sans prévenir il prend d’une main ses cheveux et les coupe, à la manière dont il l’a fait la base est irrégulière, quelques fines mèches descendent sous la nuque. Violine se fige face à ce geste, ses yeux se vident, elle ne semble même plus conscience de ce qui l’entoure. Il pose la lame dans toute la longueur sur la jambe de Violine et de manière lente presse pour provoquer une douleur plus insoutenable. Violine n’a pas l’air de s’en rendre compte toujours sous le choc pendant que son sang imprègne à nouveau ce sol si froid.
Le bourreau la frappe au visage, sa tête tombe mais il l’agrippe pour la forcer à la relever, son nez se met à saigner face au coup.
-Garde la tête haute ! N’as-tu donc aucune fierté !
Il retire la lame mais de manière horizontale pensant faire souffrir toujours la jeune fille qui reste dans son mutisme. Son jouet toujours en main il le fait parcourir ça-et-là sur le corps de la jeune fille occasionnant des plaies plus ou moins profondes. Ses bras, ses jambes, son ventre et même sa joue. Il éloigne la lame et l’empoigne de manière à pouvoir la poignarder. Il lève sa main et observe sa proie aux yeux vides tant la peur l’envahit. S’apprêtant à abaisser sa main son poignet se fait broyer sans aucune once de pitié. L’arme tombe au sol pendant que le bourreau hurle de douleur.
Il se retourne et voit le démon, une colère hors norme l’habite en voyant dans quel état il a mis Violine. Il voit ses cheveux coupés, de nombreuses plaies et sa robe déchirée en autant d’endroits. Il le recule d’elle laissant Alidor s’occuper de Violine. Celui-ci ne parvient pas à la faire réagir, elle est trop choquée, il repère la chaine et essaie comme il peut de l’en libérer mais le pauvre enfant est en pleurs et tremble, sa mère souffre tant…elle ne sourit plus…
Le démon et l’ancien maitre de Violine se retrouvent dans un coin de la pièce :
-Qui t’a permis de toucher à mon épouse mortel ?
-Oh, c’est donc à vous qu’ils l’ont donné. Je viens juste récupérer mon bien.
-Elle n’est pas à toi.
-A vous peut-être ?
Le démon regarde autour de lui, tous ces instruments, est-ce qu’elle a subi chacun d’entre eux ? Cet humain est comme elle le disait, pire que lui…seulement voilà, il est moins fort et il va l’apprendre à ses dépends :
-Pendant combien de temps l’as-tu torturé ?
-Pourquoi voulez-vous savoir ça ?
-Pour savoir comment te tuer.
-Que de menaces, eh bien voyons…mmh ma famille l’a eu à ses 4 ans, j’ai commencé à m’amuser avec elle quand elle avait sept ans donc ça fait….mmh 12 ans, oui 12 ans.
12 ans…12 ans à subir ça…il va le tuer et cette fois peu importe les conséquences !
-Cela t’a amusé on dirait !
-Vous êtes en colère on dirait mais oui ça m’a beaucoup amusé.
-Eh bien je vais moi aussi m’amuser !
Etant donné qu’elle a subit ça pendant douze il est tout à fait légitime qu’il lui plante douze de ces instruments dans le corps et que le douzième lui soit fatal.
Jetant un œil autour de lui il attrape systématiquement les armes qui lui semblent procurer le plus de souffrance et les plante dans le corps de l’homme. La onzième lui sert à clouer l’homme au sol, dans un état proche de la mort, il saigne abondamment même si cela ne semble pas émouvoir le démon. Il regarde à nouveau vers Violine, Alidor n’a pas réussi à la libérer et s’est blotti contre elle en pleurant. Le démon approche et libère la main de Violine, il attrape ensuite l’arme avec laquelle elle venait d’être blessée.
Il s’approche de l’homme et plante la dague dans son cœur, quoi de mieux pour le tuer que d’utiliser l’arme qui a blessé son épouse ? L’homme suffoque avant de mourir, Belitor se relève et regarde ce corps sans vie, bien vite il sent quelqu’un tirer sur son pantalon, il se tourne et voit Alidor en pleurs, il pointe Violine du doigt. Le démon la regarde, sa tête est baissée, en s’approchant il entend un son, elle hoquète….elle doit sans doute commencer à reprendre connaissance. Il la rejoint vite, elle a de nombreuses blessures :
-Violine ? Tu m’entends ?
La jeune fille reconnait la voix et lève la tête, son regard devient plus vivant et ses larmes coulent de plus en plus. Il est venu, il est venu la chercher ! Elle entoure son cou de ses bras et se serre contre lui en cachant son visage contre lui et en pleurant de plus en plus :
-Vous êtes venu….
Le démon ouvre les yeux en grand, que doit-il faire ? Elle est contre lui et pleure…ce n’est pas qu’il n’est pas content de la sentir contre lui mais comment réagir face à ça. Sa voix tremble et est saccadée, cette expérience l’a choquée plus qu’il ne le pensait. Il regarde Alidor qui, comprenant qu’il ne sait pas quoi faire, prend les devants et le bras du démon qu’il met autour de Violine, il prend l’autre main et la pose à l’arrière de la tête de la jeune fille. Belitor se contente de rester comme ça, c’est donc ça qu’il devait faire…ce n’est pas désagréable…il resserre doucement son étreinte. Elle tremble il le sent mais ce n’est pas à cause de lui :
-Tu es ma femme c’est normal que je sois venu.
Il la sent agrippée à lui…il ressent ce que ces enfants ressentent, après tout ils peuvent toujours profiter de ses marques d’attentions et là c’est lui qui en reçoit, c’est comme ça qu’il le perçoit, si elle ne l’aimait vraiment pas elle ne s’accrocherait pas comme ça. Il sort un mouchoir et le place sur le nez de la jeune fille, elle le maintient mais sa seconde main reste agrippée à lui, il la soulève et sort de la maison :
-Rentrons, je vais soigner tes blessures.
Alidor le suit en regardant Violine d’un air inquiet. Une fois au château ils sont accueillis par les autres, ils avaient voulu voir Violine pour lui montrer leur travail mais ne la voyant pas ils se sont inquiétés. Voyant dans quel état elle est ils ignorent leur peur du démon et l’entourent. Celui-ci les regarde et dit :
-Je vais la soigner dans ma chambre, amenez des pansements et de quoi la désinfecter ses plaies.
Il repart pendant que les serviteurs s’affairent à tout récupérer. Arrivés dans la chambre il s’assoit sur le lit et regarde Violine, elle semble encore dans ses pensées. Pour la faire réagir il pose sa main sur la sienne mais il n’obtient pas la réaction qu’il espérait, d’une voix presque sans vie elle dit :
-Pardon…de vous déranger…
-Tu ne me déranges pas. Et ne t’en fais pas pour lui il ne te fera plus jamais de mal.
-Il….est mort ?
-Oui.
Ses pleurs reprenant Belitor a aussi l’impression qu’elle sort de son état quasi comateux, d’une voix presque suppliante elle dit :
-Merci….je…je ferai tout…pour vous remercier…
Belitor se fige un instant…pourquoi dit-elle une chose qui peut être si facilement détournée…et pourquoi pense-t-il à ça ? C’est sûrement parce qu’il sent son corps contre le sien…mais que doit-il répondre à ça ? Et il n’est pas là pour l’aiguiller, finalement il se contente de :
-…nous verrons ça plus tard…
Les enfants arrivent finalement avec tout ce qu’il faut et le pose sur une table à côté. Belitor tente de décrocher Violine mais rencontre une certaine difficulté…elle est crispée sur lui…non pas que ça lui déplaise vraiment mais il doit la soigner…Après un moment assez éprouvant elle décroche ses mains laissant le démon la poser à côté de lui :
-…je vais salir votre lit…pardon…
-Si je ne tenais absolument pas à ce qu’il soit sali je ne t’aurais pas posé dessus.
Il prend un linge et le plonge dans de l’alcool :
-Tu risques d’avoir mal essaie de le supporter.
-D’accords….
Il passe en premier sur la plaie située sur sa jambe, Violine se crispe, étant donné l’ampleur de la blessure la douleur est accentué, le démon souffle doucement dessus pour espérer diminuer la souffrance, il n’est pas facile pour lui de faire ça, la plaie est sur sa cuisse et forcément il doit la tenir pour mieux travailler, pour ne pas être tenter d’aller plus loin il se concentre sur la blessure :
-La plaie est profonde, il faudra un bandage. Je te déconseille de t’appuyer sur cette jambe pendant un moment.
Elle reste silencieuse le regardant faire. Au fur et à mesure de poser les bandages il remarque à quel point elle est muette, il finit les bras, les jambes et sa joue puis se redresse :
-T’a-t-il blessé ailleurs ?
-Oui….
-Montre-moi où.
Il se demande où il a bien pu la blesser, il a pratiquement tout fait non ? Elle commence à remonter sa robe pour montrer son ventre, dans un réflexe il prend ses mains et les rebaisse….un peu plus et il allait voir bien des choses… :
-Que fais-tu ?
Violine le regarde, surprise :
-Mon ventre….il….il a blessé aussi mon ventre…
…là il ne sait pas du tout quoi faire…Il ne veut pas la dévêtir complètement, il ne sait vraiment pas s’il pourra résister à la tentation… :
-Vous disiez…que mon corps ne vous attire pas…je pensais donc que…
Il doit trouver une excuse, et vite. Les enfants eux, à part Alidor, sont surpris également, déjà le démon est plus doux, il est attentionné envers elle mais cela fait aussi un moment qu’il ne les a pas touchés… :
-Tu es tout de même une femme, tu ne dois pas te montrer ainsi aussi facilement…
Il dit ça mais en même temps il doit la soigner…comment va-t-il faire ? Il cherche un moment et dit :
-Laisse-toi faire.
Il la pousse doucement pour la faire s’allonger mais bloque…il la voit dans une position des plus….attirante….Violine n’oppose aucune résistance, elle ne sait pas du tout ce qu’il va faire mais sait pertinemment qu’il ne lui fera rien…du moins elle le pense car le démon n’est pas sûr de la même chose. Pour le débloquer Alidor lui tend à nouveau le linge imbibé d’alcool faisant réagir Belitor. Il sort de sa rêverie et bouge la couverture pour la déposer sur Violine de sorte de cacher le bas de son corps. Celle-ci se détend, elle n’a jamais dormi dans un lit et doit reconnaitre qu’être étendue dedans est très agréable :
-A présent tu peux relever ta robe. Pas trop haut cependant.
Oui…pas trop haut, déjà qu’il pense que le simple fait de voir son ventre va le stresser alors si elle relève par mégarde trop haut là il ne pourra plus se tenir il le sait. Violine obéit et remonte jusqu’au dessous de sa poitrine, de toute manière il n’avait pas touché plus haut. Ce que Belitor pensait c’est avéré juste, il contemple son ventre, Violine se met à penser qu’il regarde ses plaies mais elle se trompe, il a juste envie d’y déposer sa main pour le caresser…Mais il se contente de soigner ce qui doit l’être et rebaisse lui-même sa robe. Il tire davantage la couverture pour la couvrir…mmh il veut faire quelque chose pour elle…oui…ça…il se lève et s’éloigne vers la porte :
-Reste ici je reviens.
Il regarde Alidor et lui prend le bras :
-Tu viens avec moi.
Ses frères prennent peur mais Alidor sait bien qu’il ne fera rien, Violine le regarde partir inquiète aussi pour le garçon, il s’arrête à la porte et dit :
-N’aie crainte je ne vais rien lui faire, j’ai juste besoin qu’il me montre quelque chose.
Une fois dehors les enfants grimpent sur le lit et entourent Violine pour doucement se coller à elle. Belitor regarde Alidor et dit :
-Je te remercie pour ton aide, je ne savais pas quoi faire quand elle m’a pris contre elle. Pourrais-tu me montrer où l’on range les vêtements ? J’aimerais lui en offrir un neuf, sa robe est abimée et teintée de sang.
Alidor sourit et remue la queue, lui faire un cadeau, voilà quelque chose de bon ! Il l’amène dans une chambre plus loin et ouvre un grand placard montrant des robes fines et élégantes. Le démon les regarde toutes :
-A ton avis, laquelle lui plairait ?
Alidor en sort plusieurs, elles sont toutes de couleurs claires et délicates. Belitor en voit une blanche et légère sans pour autant être transparente, il la prend et dit :
-Celle-ci, elle semble aussi pure qu’elle…
Alidor acquiesce et ils repartent dans la chambre, il la voit toucher ses cheveux de manière absente. Quand il repense à ses longs cheveux noirs et à ce qu’il a osé en faire…Cela dit même ainsi il doit dire que cela ne change rien à sa beauté naturelle :
-N’étant pas une femme je ne peux pas ressentir ce que tu ressens mais ne t’en fais pas ils repousseront et même dans cet état cela n’entache pas ce que tu es.
Violine le regarde, elle est surprise de ce qu’il dit et cette fois ça ne semble pas empreint de sarcasme. Cela dit….il a raison…il est vrai qu’elle a perdu une part d’elle mais elle n’a pas perdu la vie, elle peut toujours être avec ces enfants et le démon. Il pose la robe sur le lit et dit :
-Tiens, ils t’aideront à la mettre je vais me retourner. Que tu sois ma femme ou non je n’ai pas à t’épier dévêtue.
Ca surprend tout le monde, sauf Alidor, la fois où ils ont pris leur bain il ne s’était pas gêné pour regarder. Belitor se retourne pendant que les serviteurs mettent la robe à Violine, celle-ci la regarde, elle est vraiment magnifique…c’est un cadeau de sa part ? Il lui fait vraiment un cadeau ? Une fois habillée elle dit :
-C’est bon et merci, elle est magnifique…
Belitor se retourne et en la voyant ne doute plus d’avoir à faire à un ange, il vient s’asseoir sur le lit, les serviteurs sortent et reprennent ce qu’ils ont amené pour ne pas gêner. Une fois seuls Violine se redresse et dit :
-Je vais retourner près d’eux, je ne veux pas vous gêner dans votre chambre.
Il la retient et dit :
-A ce propos, tu as dit que tu ferais tout pour me remercier.
-Oui, vous voulez quelque chose ?
-En effet…



-Que voulez-vous ?
-Que désormais tu dormes avec moi.
-Vous êtes sûr ?
-Oui.
-….ils vont se retrouver seuls…
-En ce cas ils peuvent dormir ici aussi.
Il est prêt à toutes les concessions pour qu’elle reste, et si pour ça ils doivent dormir avec eux ça ne le gêne pas. Au contraire, leur présence freinera sans aucun doute des ardeurs qu’il ne manquerait pas d’avoir s’il était seul avec elle. Violine lui sourit, elle est heureuse de voir qu’il ne va pas les forcer à dormir sans elle, elle tente de se lever dans le but d’aller les chercher mais Belitor la retient :
-Que fais-tu ?
-Je vais aller les chercher.
-Je t’ai dit de ne pas bouger il y a peu, tu es blessée et encore choquée. Je suis sûr qu’ils vont revenir, tu leur diras à ce moment-là.
-D’accords, je vous remercie, je sais que vous ne les aimez pas mais je suis heureuse que vous ne nous sépariez pas.
-Je ne suis pas aussi cruel que ce que tu sembles le penser.
-Je m’en rends compte…
Elle lui adresse ce regard doux qu’il désirait tant, par chance les serviteurs arrivent, sinon il l’aurait prise contre lui de suite. Les quatre enfants viennent près du lit et regardent Violine, elle pose ses mains sur eux et dit :
-Les enfants, nous dormirons ici dorénavant, il a eu la gentillesse de nous l’accorder. Remerciez-le d’accords ?
Alidor et bien sûr le premier à lui accorder un sourire, les autres se regardent et après un moment ils regardent le démon et affichent un sourire bref. Belitor se met à part le temps de se changer et revient, il voit les enfants autour d’elle. Lui qui pensait pouvoir dormir contre elle, ça ne sera pas possible mais il espère que ça viendra…il se couche à sa droite sur le dos et contemple le plafond pensif. Entre elle et lui se trouvent Clément et Lascivus. Alidor réfléchit et après un moment passe au-dessus de Violine et de ses frères puis du démon, ses frères bien sûr ne manquent pas de gémir par peur de ce qu’il entreprend, le démon redresse la tête et le voyant faire dit :
-Que fais-tu ?
Alidor se met de l’autre côté de lui et se calle contre lui. Belitor finit alors par comprendre, il veut montrer aux autres qu’il est gentil à présent et de ce fait espère avoir une chance de le rapprocher d’elle. Il se contente alors de reposer sa tête et de l’entourer d’un bras. Bien sûr ses frères sont surpris, non seulement il ne dit rien contre ça mais en plus il le garde contre lui, c’est étrange mais est-ce que ça veut dire pour autant qu’il n’est plus ce qu’il était ?
Après un moment le démon redresse la tête et regarde Profen qui est resté le plus éloigné de lui. Il veut faire quelque chose…il prend les devants et attrape doucement le serviteur qui se fige, de nouveau il est au bord des larmes, que va-t-il lui faire ? Il se recouche et pose l’enfant sur lui le couvrant. Surprise Violine dit :
-Que faîtes-vous ?
-….il a la peau froide, étant un démon supérieur je dégage de la chaleur et pourrais donc lui en faire profiter. Il va tomber malade à force.
-….c’est…c’est vraiment très gentil de votre part.
Profen cependant tremble de tout son être, il a si souvent été frappé par lui qu’à présent il ne se sent pas capable de réagir autrement qu’en tremblant. Belitor se rappelle des gestes qu’Alidor lui avait fait faire sur Violine et pose sa main de libre sur sa tête faisant sursauter l’enfant. Il se souvient….il lui tirait souvent les oreilles…puisque c’est ainsi. Il passe doucement sa main sur ses oreilles pour les lui caresser. Profen redresse doucement la tête et le regarde, ses gestes sont doux…il ne ressent aucune colère en lui comment ça se fait ? il n’a pas l’air de s’amuser avec lui au contraire même on dirait qu’il le console et qu’il essaie de se faire pardonner….S’il continue à faire ça il ne pourra plus se retenir comme il l’a toujours fait. Il sait pourtant que les pleurs l’insupportent mais il a vraiment du mal….il se sent en sécurité en plus pour une fois. Après un moment il fond en larmes contre lui en serrant son vêtement. Le démon reste surpris et regarde Violine :
-Lui ai-je fait mal ?
-Non, je crois juste qu’il a arrêté de retenir ses pleurs, sans doute car il se sent bien contre vous.
-…il se sent bien ? Tu en es sûre ?
-Oui, regardez il ne vous lâche pas.
Il le regarde et ne peut que constater dans quel état il est…et c’est à cause de lui, c’est à cause de lui s’il a tant retenu en lui… :
-Profen….tu n’as plus à avoir peur, je ne vous toucherai plus, je ne vous ferai plus de mal.
Clément, Lascivus et Profen le regardent surpris mais aussi plein d’espoir, en voyant qu’il dit vrai les deux autres enfants viennent contre lui, il n’est pas habitué…ils sont tous serrés contre lui à le regarder avec espoir…Il regarde aussi Violine et constate qu’elle a froid. Il prend la décision de se lever pour aller chercher une couverture. Une fois hors du lit et près de l’armoire il entend un gémissement et se retourne. Profen est assis sur le lit et le regarde les yeux encore pleins de larmes. Il gémit à son égard mais qu’a-t-il ? C’est un gémissement plaintif, il le regarde comme s’il avait peur qu’il l’abandonne.
-Il ne veut pas que vous partiez, il vous appelle.
-Quoi ?
Il l’appelle ? Il le regarde à nouveau et…oui, oui il l’appelle, c’est étrange mais c’est ainsi…il doit le vérifier. Il retourne se coucher et de suite Profen vient contre lui faisant rire Violine, elle a ri, il ne l’avait pas entendu depuis un moment :
-C’est amusant, il ne veut plus vous lâcher.
-Je trouve cela étrange, c’est pourtant lui qui recevait le plus ma colère.
-Il a senti que vous aviez changé.
Il a changé…oui…Profen le regarde et sourit en remuant par moment sa queue de manière brève :
-P…p….
-Il tente de parler ! Profen que veux-tu dire ?
-Pa…pa…papa….
Belitor le regarde surpris…papa ? Il le considère comme son père ? Lui ?
-Tu…me veux en tant que père ?
Il hoche la tête et répète ce mot, Belitor se prend à lui sourire et dit :
-Si tu le souhaites alors ça ne me dérange pas. C’est étrange qu’il me voit ainsi.
-Je pense que depuis toujours il voit en vous quelqu’un de fort, qui inspire le respect, tout ce qu’il manquait pour qu’il vous considère comme un père c’était de l’affection.
-C’est un sentiment étrange mais je suis tout de même….heureux…
Clément vient alors rejoindre Alidor et se calle contre son père, Lascivus essaie de taquiner Profen et de le pousser de sur le démon pour avoir une place mais profen ne l’entend pas de cette oreille et réplique en adoptant une mine boudeuse et colérique, Violine rit à nouveau et dit :
-Ils se disputent une place autour de vous.
-….c’est étrange mais amusant oui….
Violine est la dernière à bouger et vient poser sa tête sur son épaule, elle regarde ses enfants et calme Lascivus :
-Lascivus doucement, mets-toi comme ça et ça ira tu vois ?
-maman !
-Ah ! Pardon je suis venue sans vous demander…
-Ce n’est rien, tu peux rester ainsi.
-Merci…j’aurais eu du mal à dormir sans avoir une présence réconfortante contre moi. Les enfants n’auraient pas suffit je le crains…je ne veux plus penser à lui…mais pour cette nuit j’ai peur…
-De quoi as-tu peur ?
-Qu’il hante mes rêves.
-N’y penses plus. Si tu en rêves je te réveillerai alors n’aie crainte.
-Je vous remercie.
Elle embrasse sa joue pour le remercier et repose sa tête en observant Profen lancer des regards de défi à l’encontre de Lascivus qui menace à chaque instant de lui prendre sa place. Le démon reste statique devant le dernier geste de la jeune fille, il a senti ses lèvres sur sa peau…il sent son corps contre le sien…maintenant il en est sûr, ses rêves à lui risquent….d’en être affectés…mais vu sa nature de démon ses rêves ne seront pas innocents….pourvu….oui pourvu que ça n’affecte pas son corps…
Le lendemain le démon est le premier à se réveiller, il soupire doucement….il le savait, il a rêvé d’elle et même si son rêve n’était pas aussi…passionnel qu’il le craignait il a quand même rêvé d’elle dans des tenues plutôt légère…il craint vraiment que ses rêves n’empirent mais au moins son corps n’a pas été affecté c’est déjà ça. Il regarde autour de lui, ils dorment encore, son regard s’arrête sur Violine, dire qu’à présent elle dormira comme ça chaque soir…c’est de bonne augure mais osera-t-il aller plus loin. Arriver jusque là lui a déjà demandé un certain effort… Il sent quelque chose remuer et regarde lequel bouge, d’un ton endormi il entend :
-papa…
Il regarde Profen, celui-ci le fixe et sourit :
-Ne bouge pas trop Profen ou tu vas réveiller les autres.
Il lui sourit et se calle un peu plus contre lui profitant de sa chaleur. Peu après Lascivus se réveille et commence à pousser profen qui réplique à son tour en s’accrochant au démon. Celui-ci observe leur « combat ». C’est assez amusant en fait, Profen refuse tout net que Lascivus le décale ou prenne un peu plus de place sur lui. Pour les calmer le démon les met tous les deux sur lui et les serre l’un contre l’autre, Profen ne semble pas vraiment content de devoir le partager mais lascivus lui s’en amuse :
-Elle avait raison, tu es le plus turbulent.
Lascivus le regarde et de manière discrète donne des petits coups de queue à son frère. Celui-ci se met à râler :
-Papa !
Le démon voit bien que quelque chose ne va pas et finit par remarquer ce que fait Lascivus. Décidément quand il se lâche celui-là rien ne l’arrête…Il déplace sa main et commence à faire jouer ses doigts sur les côtes de l’enfant qui se met à rire :
-Tu l’as mérité.
Les deux autres enfants se réveillent et bientôt c’est un jeu qui s’enchaine entre les serviteurs et le maitre. N’étant pas habitué il subit plus les extravagances des enfants plutôt que d’agir lui-même. Violine se réveille à son tour et les observe. Elle voit à quel point le démon est submergé par les enfants. Elle se redresse et prend lascivus contre elle, surpris il ne se défend pas et en profite même pour se coller à sa mère :
-C’est encore toi qui fait du chahut n’est-ce pas ?
-Maman !
-Oui maman, tu essaies de m’avoir en me câlinant comme toujours.
-Tu avais raison, il est très taquin.
-Ah ? Lascivus qu’est-ce que tu as encore fait ?
Profen regarde sa mère et se colle à son père :
-Il a continué ce qu’il a fait la veille en s’amusant à taper son frère avec sa queue, c’était assez amusant.
-Tu as fait ça Lascivus ? Tu dois être puni, mmh qu’est-ce qu’on va te faire faire ! Ah je sais ! Tu auras droit à un grand nettoyage !
Lascivus baisse les oreilles et regarde Violine avec de grands yeux :
-Tu auras beau me regarder avec ces yeux je ne cèderai pas.
-Il déteste les bains ?
-Oui, enfin plus précisément le moment de se laver, dans le bain il s’amuse mais lorsque je me mets à le laver il lui arrive de se débattre. Ses frères au contraire aiment ça.
-Je ne t’ai pas encore demandé comment se nommaient les deux autres enfants.
-Celui qui est juste à votre droite c’est Alidor et celui qui est à ses côtés s’appelle Clément.
-Alidor est timide non ?
-Oui très, il n’ose pas beaucoup de chose mais son geste d’hier a étonné ses frères.
-Je me doute. Mais tu risques de ne pas pouvoir te laver dans un bain à cause de tes blessures.
-Oui mais quand je pourrai je le punirai comme il faut.
-maman….
En voyant son regard elle le serre contre elle :
-Tu es très mignon mais ça ne sert à rien tu n’y échapperas pas.
Lascivus se met à bouder faisant sourire son frère Profen qui a l’air de se dire que c’est bien fait pour lui.
-Il serait dommage de remettre sa punition à plus tard, je peux la lui donner si tu veux.
-Vraiment ?
-Oui, je pense qu’avec moi il sera moins remuant.
Lascivus regarde sa mère avec l’espoir qu’elle va refuser, celle-ci lui caresse la tête et dit :
-C’est une bonne idée.
-maman !
-Il ne fallait pas embêter ton frère.
Profen se met à rire ce qui lance Lascivus sur lui mais bien vite Belitor le prend et tend les bras devant lui pour les séparer :
-Lascivus sois sage maintenant d’accords ?
-….maman…
-Ce n’est qu’un bain, tu pourras t’amuser dedans une fois lavé.
Il hoche la tête résigné, Profen en profite pour se cacher contre son père profitant que Lascivus ne puissent plus l’ennuyer. Belitor se redresse et pose le chahuteur à côté de lui, celui-ci ne bouge pas, il sait que sinon il sera encore puni :
-Bien…allons prendre ce bain, nous déjeunerons ensuite.
-J’aimerais aussi me laver à vrai dire…mais ce ne sera pas possible malheureusement.
-Peut-être que si…une de mes salles de bain est plutôt grande, elle a un paravent qui permet de préserver l’intimité d’une personne se trouvant derrière. Les enfants t’aideront à te laver.
-Je vous remercie.
-Inutile.
Il se redresse et regarde ses serviteurs :
-Allez donc nous préparer la salle de bain, nous arrivons.
Ils sourient et sortent du lit, ils se précipitent vers la salle de bain pressés de pouvoir jouer à nouveau avec le démon. Celui-ci regarde Violine, il se demande si elle va mieux, il faudra qu’il pense à refaire ses bandages :
-Comment te sens-tu aujourd’hui ?
-Je vais bien, merci encore d’être venu.
-Je n’ai pas été assez prudent, j’aurais dû savoir que quelqu’un pourrait venir. Comme je ne tiens pas à ce que ça se reproduise je vais te marquer de mon sceau, ainsi si tu te fais attaquer tu seras protégée.
-Protégée ? Comment ?
-Quand un démon marque un humain de son sceau si celui-ci est attaqué l’ennemi est de suite repoussé par une onde de choc.
-Comment devez-vous poser votre sceau ?
-Il y a différentes manières mais…en ce qui me concerne. Ferme les yeux.
-D’accords.
Violine s’exécute se demandant bien comment il va procéder et si c’est douloureux. Le démon s’approche d’elle, il ne sait pas si ce qu’il va faire est une bonne idée mais il commence à ne plus tenir. Il pose sa main sur son visage et finit par l’embrasser en tentant de se retenir le plus possible. Surprise Violine ouvre les yeux. Elle n’avait jamais reçu de baiser et se trouve surprise devant la chaleur que dégage celui-ci. Cependant rien ne la surprend plus que ce qu’elle voit en ce moment, le démon la regarde droit dans les yeux, un regard tendre, affectueux et en même temps rempli de passion. Belitor finit par se séparer d’elle à regret mais garde son regard dans le sien, bien vite il voit des larmes dans les yeux de la jeune fille. Il aurait été trop loin ? Au point de la faire pleurer ?
-Ai-je…commis une erreur ?
-Non…mais…vos yeux…
-Qu’ont-ils ?
-Votre regard….c’est celui…d’un homme pour une femme…je n’ai jamais été considérée comme une femme…toujours comme un objet…
C’est donc pour cela qu’elle pleure, lui aurait-il donc pris son premier baiser ? Ca semble logique, elle disait que l’autre ne l’avait jamais touché et comme les villageois ne l’aimaient pas… :
-Tu n’as donc jamais reçu de baiser ?
Elle secoue la tête doucement faisant sourire involontairement le démon. Il passe ses doigts dans ses cheveux :
-En ce cas je suis ravi d’avoir été le premier.
-Mais…vous disiez que pour le sceau…
-Il est en place ne t’en fais pas.
Juste après il repose ses lèvres sur les siennes, il veut surtout éviter qu’elle pose plus de questions mais il va avoir du mal à expliquer la raison du second baiser. Sa main de libre vient chercher celle de la jeune fille, cependant elle ne semble pas vouloir protester, elle se laisse faire, pourquoi protesterait-elle après tout ? Ce genre de marque d’affection elle n’en a jamais reçu, elle ne sait pas trop pourquoi il fait ça mais c’est sans doute pour la rassurer, après tout il ne peut pas l’aimer, il a lui-même dit qu’il n’était pas attiré par elle. Mais elle ? Son cœur bat vite, sans doute dû à une certaine nervosité…Ils profitent tous les deux de ce moment jusqu’à ce que :
-….papa….
Belitor redresse la tête et voit Profen et les autres, depuis quand sont-ils là ? Peu importe le temps ils ont vu le principal… Il sort du lit et va vers lui, il pose sa main sur sa tête :
-Le bain est prêt ?
L’enfant hoche la tête, il s’attendait à le voir en colère vu qu’il les a interrompus mais visiblement il est plutôt content. Et ça s’explique, s’il n’était pas intervenu le démon sait pertinemment qu’il n’aurait pas pu s’arrêter. Alors oui il est plutôt content :
-Allons-y alors.
Il retourne vers Violine et la soulève, tous se dirigent vers la salle de bain, Belitor la dépose derrière le paravent et une fois prêt rejoint les enfants dans le bain. Des bruits de jeu se font entendre, le démon ne peut pas s’empêcher de lancer des regards vers le paravent, elle doit être en train de retirer ses vêtements…il ne doit pas y penser…Pour s’occuper l’esprit il lave les enfants et Clément est le premier à aller aider Violine. Le démon ne peut s’empêcher d’envier un peu l’enfant, il est avec Violine…pour une fois dans sa vie il aimerait être à la place d’un de ses serviteurs…
Alors qu’il s’occupe des enfants il entend des bruits de pas et tourne la tête…mais que fait-elle ! Violine est en train de venir vers lui, une serviette autour de la taille, aidée de Clément elle approche petit à petit. Belitor a du mal à ne pas laisser ses yeux errer sur le corps de la jeune fille, il ne l’avait jamais vu aussi dénudée…il ne peut que remarquer à quel point son corps lui plait, lui qui il y a peu disait ne pas l’aimer du tout…il doit sortir de ses pensées…et au plus vite ! Au prix d’un gros effort il finit par parler :
-Que fais-tu ? Tu ne dois pas marcher.
-Je suis désolée, je ne veux pas être loin.
Elle finit par s’asseoir à côté de la baignoire et regarde ses enfants en souriant, son regard s’arrête sur Lascivus :
-Tu as été sage ? Tu sais que tu dois te laisser laver.
-Maman…
-Ne t’en fais pas, il était plutôt pressé en fait mais dès que ce fut fini il a commencé à jouer.
-Tu n’es pas aussi coopératif avec moi !
Il vient contre elle pour lui montrer qu’il l’aime quand même, Violine se met à rire et embrasse sa tête :
-Je te taquine, je sais que tu m’aimes.
-Il n’est pas le seul…
Violine le regarde, il doit parler des autres enfants, de qui pourrait-il parler d’autre ? Bien sûr les seuls à avoir compris sont les enfants, Clément, Lascivus et Profen ne doutent plus des sentiments du démon, surtout qu’ils l’ont vu l’embrasser alors ils savent ce qu’il leur reste à faire ! Ils ne vont plus laisser leur frère aider le démon tout seul. Ils voient bien que leur mère ne semble pas y croire ou même voir quelque chose mais à présent ils sont quatre !
Le reste se passe sans heurt, la jeune fille ne cherche pas à en savoir plus et tous reprennent leur jeu.


Cela va faire un mois que Violine a reçu son premier baiser, depuis elle n’a pas cessé de se poser des questions : pourquoi a-t-il fait ça ? A-t-il aimé ? Pourquoi son cœur battait-il si fort ? Et récemment : Aura-t-il envie de recommencer ? Elle se demande aussi si elle n’éprouve pas plus d’affection pour lui qu’elle ne le pense. Elle est sa femme c’est certains mais comment le voit-elle maintenant ? Mieux qu’avant c’est certains. Il a tant changé il faut dire…il est devenu si gentil et si doux…le genre d’homme qu’elle n’a pas l’habitude de voir. Les seuls qu’elle a vu et avec lesquels elle a été en relation étaient dédaigneux et violents. Comment réagir face à leur contraire ? Tout ce qu’elle sait c’est qu’elle se sent bien avec lui et qu’elle ne souhaite pas être aux côtés d’un autre.
Le démon quant à lui n’a plus osé toucher Violine, de peur qu’elle ne pose des questions sur les raisons de son baiser. Il l’aide comme il peut et continue de faire preuve de délicatesse mais plus le temps passe plus il a du mal à se retenir. Il veut pouvoir la tenir contre lui quand bon lui semble, il veut pouvoir l’embrasser sans arrêt et lui dire à quel point elle lui est précieuse mais il ne veut pas prendre le risque de briser ce qu’il y a entre eux. Il craint qu’elle ne ressente pas la même chose, après tout elle est convaincue qu’il ne la trouve pas à son goût et il ne sait pas comment lui faire comprendre le contraire. Il finira par trouver, quoiqu’il en soit il a remarqué qu’Alidor n’est plus le seul à l’aider, les autres enfants aussi, ils multiplient les occasions de les laisser seul à seul.
Violine est occupée à la lessive et voit Clément, depuis peu il a une petite mine, pourtant ils dorment tous bien. Elle ne peut que remarquer à quel point il semble fatigué, elle se penche vers lui et pose sa main sur son front :
-Clément tu vas bien ? On dirait que tu as de la fièvre.
L’enfant lui sourit pour la rassurer mais elle connait bien cette attitude, il se force à aller bien. Elle devrait en parler au démon, l’enfant a peut-être une maladie de démon. Si c’est le cas elle ne pourra rien faire. Elle lui prend la main et l’amène au bureau de Belitor. Elle frappe à la porte et attend une réponse…rien ? Il ne serait pas là ? Ou alors il est malade lui aussi…Elle frappe à nouveau mais rien, finalement elle rentre doucement…personne ? Pourtant d’ordinaire il est dans son bureau, elle n’a pas très bien compris mais il s’occupe d’affaire pour le roi. Peut-être qu’il est allé le voir… Avant de dire ça il vaut mieux voir s’il n’est pas ailleurs, il peut très bien être dans la chambre. S’il la cherche en ce cas ils risquent de se croiser…
Evidemment le démon n’est pas dans la chambre, Violine s’inquiète de plus en plus pour Clément, le pauvre petit menace de s’écrouler à chaque pas, elle décide finalement de le porter mais il n’a vraiment pas l’air bien. Elle a bien sûr croisé les autres enfants, ils semblent aller mais elle leur a demandé de chercher le démon avec elle, ils se sont tous séparés mais apparemment personne ne l’a trouvé. Elle ne comprend pas pourquoi d’un coup son état empire, depuis une heure environ Clément s’affaiblit de plus en plus, il refuse de manger et sa tête semble le faire souffrir atrocement. Violine se sent vraiment impuissante. Elle voit son enfant souffrir et elle ne peut rien faire pour le soulager.
Elle se retrouve à genoux dans le parc en faisant tout ce qu’elle peut pour calmer les douleurs de Clément, les larmes aux yeux elle le berce en le serrant contre elle. Le pauvre enfant ne peut plus retenir non plus ses pleurs, la douleur est telle qu’il n’en peut vraiment plus, il aimerait tellement se sentir mieux et en plus il fait pleurer sa mère, ce n’est pas faute de faire son mieux pour se sentir bien.
Après un moment des pas précipités la rejoignent, le démon était revenu dans son bureau, il a été interpellé par Lascivus, il pleurait et le tirait, craignant pour Violine il a de suite suivi l’enfant.
-Violine !
La jeune femme se retourne de suite et se lève, elle se met juste devant Belitor, elle n’a pas l’air d’être blessée mais pourquoi est-elle dans cet état ! La jeune fille se sent un peu plus rassurée, il est enfin là ! Il saura l’aider ! Il saura le soigner ! D’une voix entrecoupée elle dit :
-Vous êtes là ! Aidez-le pitié…..je ne sais plus quoi faire !
Belitor regarde l’enfant dans ses bras, il semble bien mal. Tremblante la jeune fille tombe au sol :
-J’ai tout essayé ! Il ne veut rien manger ! Rien ne le soulage ! Il a déjà rendu plusieurs fois ! je ne peux rien faire ! Il a tellement mal !
Belitor s’accroupit et la prend contre lui :
-Violine calme-toi ! Je vais l’amener dans le monde des démons, j’irai voir un médecin avec lui. Ne t’en veux pas, c’est une maladie de démon, tu n’as pas les médicaments nécessaires pour le soigner ce n’est pas ta faute.
Violine redresse la tête et dit :
-Vous savez ce qu’il a ?
-Non mais un docteur saura. Toi va préparer une chambre pour lui, surveille les autres enfants, les maladies de démon sont souvent contagieuses. Ils ont l’air d’aller mais au cas où veille sur eux. Si jamais ils commencent à aller mal va dans mon bureau, tu y trouveras des linges, mets-les sur leur front. J’en avais fait une réserve il y a longtemps, ça soigne les débuts de maladies mais ça ne marchera pas sur Clément, sa maladie est trop avancée. Tu dormiras seule avec lui le temps de son soin, les humains ne peuvent pas attraper les maladies de démons. Allume la cheminée de la chambre et prépare un repas pour lui, une soupe ou quelque chose de léger. D’accords ?
-Oui…j’ai peur…
-Tout ira bien, je m’en occupe ne t’en fais pas.
-Merci…
Il lui caresse doucement le visage pour la rassurer et prend l’enfant dans ses bras, il constate qu’effectivement il ne va vraiment pas bien. Il aide Violine à se relever, elle l’accompagne jusqu’au bureau, uns fois Belitor et Clément partis elle se met au travail. Le démon se rend de suite chez un docteur, il n’a jamais vu cet état chez aucun de ses serviteurs. Ca doit trainer depuis longtemps, il n’a rien voulu montré pour ne pas inquiéter Violine…gentil comme il est c’est sûrement ce qu’il a fait. Il entre dans une grande maison et est accueilli par une démone :
-Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
-Cet enfant est très malade j’aimerais voir le docteur.
-Vous avez rendez-vous ?
-Non, mais l’urgence du cas devrait m’en dispenser n’est-ce pas ?
-Eh bien il semblerait qu’il aille très mal en effet, venez, le docteur n’est pas très occupé il pourra vous recevoir.
Elle le guide jusqu’à une porte et toque, entendant l’autorisation d’entrer elle ouvre la porte :
-Monsieur, un patient assez important pour vous.
-Fais-le entrer.
Belitor entre et voit un démon de taille assez petite mais à l’air fort sage. Dès qu’il voit l’enfant il se précipite vers lui :
-Oh…mettez-le sur la table !
Belitor s’exécute, le médecin a l’air inquiet, ce qui n’augure rien de bon, une fois sur la table Clément se replie sur lui, en position fœtale il a l’impression de mieux supporter la douleur :
-Ca ne va pas être simple de l’ausculter ainsi, pouvez-vous m’aider ?
-Oui, que dois-je faire ?
-Calmez-le un peu pour que je puisse savoir ce qu’il a précisément.
Belitor pose sa main sur Clément et caresse doucement ses oreilles, l’enfant bouge la tête et le regarde, devant les yeux du démon l’enfant s’efforce de se mettre comme il faut, le médecin se penche sur lui et commence à l’ausculter :
-Avez-vous remarqué des douleurs particulières ?
-Moi non mais ma femme oui.
-Votre femme ? Ah oui il est vrai que vous vous êtes vu octroyé une femme humaine, bien, qu’a-t-elle remarqué ?
-Qu’il semble avoir mal à la tête, il ne mange rien et a rendu plusieurs fois.
-Mh…
Perdu dans son auscultation on pourrait se demander s’il a entendu Belitor parler. Il finit par se rasseoir et écrit sur un papier. Belitor reprend l’enfant contre lui et s’assoit face au docteur :
-Alors ?
-Sa maladie doit macérer depuis un moment du coup elle est plus forte qu’une simple maladie. Je vais vous donner des médicaments qui vont le soulager…mais…j’ai cependant une mauvaise nouvelle…
-Quelle est-elle ?
Ils discutent durant une heure entière et Belitor revient avec l’enfant, il est accueilli par Profen :
-papa !
-Profen, où est Violine ?
Profen le guide vers la chambre où Violine attise le feu, dès qu’elle voit Belitor elle va de suite vers lui :
-Alors ?
Il lui sourit doucement, il ne veut pas lui dire ce que le médecin lui a confié, de toute manière si ce qu’il a dit est vrai alors il ne lui reste plus qu’à faire ce qu’il a prévu. Après tout ce n’est pas une si mauvaise nouvelle que ça, le docteur ne pense tout simplement pas qu’il sera capable de le faire, enfin capable, non…il pense surtout qu’il ne voudra pas le faire, après tout il n’a jamais eu une réputation de tendre avec ses serviteurs. Il n’a donc pas besoin de l’inquiéter :
-Une ménaria.
-Qu’est-ce que c’est ? Est-ce grave ?
-Ne t’inquiète pas, le docteur m’a donné des médicaments, je les lui ai fait prendre en sortant de chez lui, regarde il va mieux.
Violine regarde Clément, bien que fatigué il semble moins souffrir. Belitor se met cependant à réfléchir au moyen de faire ce qu’il a prévu…en agissant ainsi elle ne trouvera rien à dire :
-Il est cependant contagieux, ce soir il dormira avec toi. Je dormirai aussi avec vous deux.
-Vous ne risquez pas de tomber malade ?
-Il a décelé des symptômes chez moi, je ne voudrais pas contaminer les autres enfants. Comme je suis un démon puissant je ne me sens pas aussi mal que lui, une nuit de repos et tout devrait aller bien.
-D’accords.
-Il se fait tard, je vais coucher Clément, va manger avec les autres enfants, je le ferai manger.
-Je vais vous apporter ce que j’ai préparé.
-Merci.
Elle s’en va pendant que Belitor s’assoit sur le lit avec Clément, l’enfant le regarde avec de la tristesse dans les yeux :
-Ne t’en fais pas, ne te formalise pas de ce qu’a dit le docteur, je me charge de tout alors sourit, ne montre pas ce visage à Violine d’accords ?
Il hoche la tête et se calle contre le démon. Peu de temps après Violine revient avec un plateau, elle le pose sur le lit et leur sourit :
-J’ai fait un bouillon, faîtes attention c’est très chaud.
-Merci Violine, ça sent bon.
-Merci. Je vais rejoindre les autres, ils doivent s’inquiéter pour Clément.
Elle lui caresse la tête et dit :
-Ne te force pas à manger d’accords ?
Il hoche la tête et regarde le bouillon, il va quand même faire des efforts pour tout manger, après tout sa mère a fait ça spécialement pour lui ! Belitor réfléchit et finit par dire :
-As-tu remarqué des symptômes de maladies chez les autres enfants ?
-Non ils vont très bien et n’ont aucune fièvre.
-C’est bien, qu’ils ne s’inquiètent pas surtout.
-D’accords.
Une fois Violine sortie le démon regarde Clément :
-Tu es prêt ?
L’enfant lui sourit sachant de quoi il veut parler. Belitor le pose face à lui et met ses mains de part et d’autre de la tête de Clément, il pose son front sur lui et ferme les yeux. Une légère brise se fait sentir et s’apaise petit à petit jusqu’à disparaitre totalement. Le démon s’adosse au fond du lit, inquiet Clément s’approche et lui prend la main, Belitor le regarde et sourit :
-Ne t’en fais pas, ça ne me tuera pas, c’est ce que le docteur a dit, je suis trop puissant pour être tué par ça. Comment te sens-tu toi ?
Il sourit et remue doucement la queue :
-M…me…merci…
-Tiens, ton premier mot. Elle sera contente c’est certain. Mangeons avant que cela ne refroidisse.
Clément se met près du plateau et commence à manger avec appétit, Belitor fait de même, il va bien mieux c’est certain, une bonne nuit lui fera le plus grand bien. Ils finissent de manger et voient Violine rentrer dans la chambre, elle s’assoit sur le lit et regarde Clément :
-Il a l’air d’aller mieux.
-Oui.
-Vous en revanche…vous semblez fatigué.
-Un peu…
Clément se colle à lui et le regarde :
-Merci ! Merci !
Violine le regarde avec surprise :
-Clément ? Ton premier mot ! Je suis fière de toi ! Tu le remercies pour t’avoir amené chez le docteur ?
Il secoue la tête ce qui laisse Violine perplexe, s’il ne le remercie pas pour ça, pourquoi alors ?
-Mais…
Belitor souffle et dit :
-Je ne voulais pas que tu le saches mais visiblement je n’ai pas le choix, il me remercie car j’ai fait en sorte d’absorber sa maladie.
Violine est surprise plus qu’elle ne le pensait, il peut faire ça ? Pourquoi ?
-Je…je ne comprends pas…
-Le docteur m’a dit que sa maladie était trop grave pour un démon de son rang, elle l’aurait tué. Le seul moyen était qu’un démon de rang supérieur l’absorbe. Ne t’en fais pas ce n’est pas mortel pour moi, je vais juste être fatigué et c’est tout.
Il…il a fait ça pour sauver Clément ? Violine porte ses mains à son visage, les larmes coulent de ses yeux, même s’il dit qu’il ne risque rien il a pris la maladie de son enfant pour lui sauver la vie. Violine se jette à son cou et le serre contre elle :
-Merci !
Surpris Belitor tombe sur le lit entrainant Violine sur lui, par réflexe il l’entoure de ses bras, lui qui avait décidé de mieux se contrôler vis-à-vis de Violine…il a du mal à ne pas laisser errer ses mains…La jeune fille redresse son visage et prend celui du démon dans ses mains. Elle colle son front au sien, Belitor ne sait plus quoi faire, elle est si proche qu’il sent son odeur comme jamais auparavant :
-Merci…je suis si heureuse…vous me rendez si heureuse…je suis si fière d’être votre épouse…si seulement…
Elle ne finit pas sa phrase et calle son visage contre son cou, elle voulait tant lui demander mais elle ne veut pas avoir le cœur brisé…elle sait à présent qu’elle éprouve plus qu’une simple affection…ce qu’elle éprouve c’est de l’amour mais elle ne veut pas l’entendre la repousser…ça lui ferait trop mal. Belitor ne sait pas quoi en penser, il aurait aimé l’entendre terminer sa phrase…mais il ne va se laisser aller. D’une main il vient chercher le visage de Violine et le remet face au sien, elle semble nerveuse…c’est la première fois qu’il lui voit cette expression :
-Qu’allais-tu dire ? Si seulement quoi ?
-Je…je ne peux pas vous le dire…
-Pourquoi ?
-J….j’ai peur…
-De quoi ?
-Votre réaction….
-Tu ne peux pas la connaitre sans avoir fini ta phrase alors dis-moi ce que tu tais.
Violine tente tant bien que mal de retenir ce qu’elle voudrait dire, mais face aux yeux de Belitor elle craque, comment pourrait-elle tenir face à ce regard… :
-Si seulement….vous pouviez….être...amoureux de moi…
Ses larmes augmentent, il va sans doute lui dire qu’il ne l’aime pas comme elle le voudrait, elle s’apprête à avoir le cœur brisé, lui qui venait à peine de découvrir ce qu’était l’amour. Aux mots de la jeune fille Belitor ne peut s’empêcher de sourire. Il avait peur qu’elle le repousse et au final c’est elle qui ressent le plus cette peur…Sa seconde main vient doucement mêler ses doigts à ses cheveux, il rapproche le visage de la jeune fille du sien et dit :
-Violine, lorsque j’ai dit que Lascivus n’était pas le seul à t’aimer, qu’as-tu compris ?
-Je…les...autres enfants….Profen…Alidor…et Clément…
Où veut-il en venir ? Elle ne le sait pas mais son cœur a du mal à suivre ses battements tant ils sont rapides. Belitor pose son front contre le sien, il se doutait bien qu’elle avait compris ça… :
-Oui en effet mais j’entendais par là que moi aussi je t’aime…et plus que tu ne pourrais l’imaginer…
Le cœur de Violine, comblé, bat plus vite et plus fort, elle sourit et s’agrippe à lui comme si elle ne voulait pas qu’il disparaisse et qu’elle se rende compte qu’elle rêve. Mais elle ne rêve pas…c’est bien réel…il l’aime, mais alors… :
-Le…le baiser pour le sceau…c’était…
-En partie pour ça. Il y a bien des façons d’apposer son sceau mais j’ai choisi cette méthode, cependant je n’ai pas pu m’empêcher de t’embrasser à nouveau.
-Vous…n’avez plus à vous retenir…
Elle approche ses lèvres et les dépose sur celles de Belitor, il resserre son étreinte autour d’elle et l’accompagne dans ce baiser qui devient vite passionnel. Sur le lit, à leurs côtés, Clément se cache les yeux et sourit, ils se sont enfin partagés leurs sentiments. Belitor se redresse avec Violine dans ses bras et sépare ses lèvres des siennes, ses yeux dans les siens il dit :
-Tu es ma femme Violine, tu n’as pas à me vouvoyer, tu peux m’appeler par mon prénom même.
-D’accords Belitor…je suis heureuse, je veux passer ma vie auprès de toi ! Mais…je vais vite vieillir, tu vas te retrouver avec une femme ridée trop vite…
-N’aie crainte sur ce sujet, mon sceau te permet de vivre aussi longtemps que moi. Je ne voulais pas que tu sois séparée de moi trop vite.
Elle le serre contre elle en souriant, elle va pouvoir vivre auprès de lui encore longtemps, très longtemps…elle vivra aussi auprès de ses enfants…elle a…une famille… :
-Merci !...Nous…nous formons une famille ! Enfin ! J’ai une famille aimante !
-Oui, nous ne pouvons encore rien dire aux autres enfants, je ne veux pas prendre le risque de les contaminer, Clément est sous traitement donc il ne risque rien…dormons vite ainsi nous pourrons vite les mettre au courant.
-Tu as raison.
Elle se sépare de lui et cherche Clément, celui-ci est au sol près de la porte :
-Clément ? viens donc voyons.
Il les regarde tous les deux, les oreilles baissées, il ne veut pas les déranger, comprenant ça Violine va le chercher et le prend dans ses bras :
-Tu ne nous dérangeras pas, viens donc dormir avec papa et maman.
Il la serre contre lui et remue la queue :
-Merci !
-De rien mon bébé.
Elle revient s’asseoir et se couche, Belitor met la couverture sur eux et entoure sa femme et son fils de ses bras, après un baiser il souhaite bonne nuit à ces deux êtres chers, regrettant juste que ses trois autres enfants ne soient pas là.
La nuit passe sans encombre et le lendemain Belitor retrouve sa forme, réveillé, Clément le regarde en souriant, chuchotant Belitor lui dit :
-Va chercher tes frères ils seront heureux de te voir en forme.
Clément sort discrètement et rejoint la chambre du démon où ses frères ont dormi. Il saute sur le lit réveillant les 3 enfants qui lui sautent dessus en le voyant. Heureux de le voir en bonne santé ils jouent un moment. Clément les arrête et les amène dans la chambre où Belitor regarde Violine encore plongée dans les bras de Morphée. Les enfants montent sur le lit et réveillent la jeune fille, elle les prend contre elle et raconte comment leur père a sauvé leur frère, pour le remercier tous se jette sur lui.
-Les enfants, nous avons autre chose à vous dire.
-Maman !
-Maman et papa s’aiment, nous sommes donc une famille complète.
Ils se regardent tour à tour et, de joie, engagent un jeu en famille mêlant rire et sourire. Le démon participe à la scène en se disant qu’il n’avait jamais connu ça et qu’il remercierait presque ces villageois pour avoir choisi Violine.



Voilà plusieurs mois que Violine et Belitor se sont déclarés l’un à l’autre et la jeune fille porte en elle l’enfant de son époux. Il se révèle très mère-poule avec elle, ne lui laissant rien porter bien qu’elle n’en soit qu’à deux mois de grossesse. Cela dit les enfants s’y mettent aussi, si bien que la jeune fille n’a presque rien à faire. Entre temps Alidor a lui aussi prononcé sont premier mot, s’étant fait mal en tombant il s’était vu prodiguer des soins par Violine et a dit d’une petite voix : « t’aime », pour le plus timide c’est assez cocasse de dire un mot qui est si difficile à dire pour ceux qui sont facilement embarrassés.
Alors qu’elle est au jardin avec ses enfants Belitor regarde un courrier qui lui a été envoyé par le roi :
« Cela fait un moment qu’on ne s’est pas vu mais si j’en crois les rumeurs tu es devenu plus doux et tu éprouves des sentiments pour ta femme. Pour tout te dire j’en suis plutôt ravi, je me demandais pendant combien de temps tu allais t’enfermer dans cette coquille que tu t’étais forgé. Quoiqu’il en soit je souhaiterai que vous veniez tous, toi, tes serviteurs et ta femme. J’ai découvert d’où lui venaient ses yeux. N’aies crainte pour sa santé, si j’ai raison elle ne craint rien, son corps a dû s’habituer la première fois qu’elle est venue. Je t’attends et reste naturel face à moi, ne joue pas au méchant de toute manière ça ne te va pas. »
Belitor repose la lettre, les yeux de Violine, il n’y pensait plus à vrai dire mais si le roi dit qu’il en a trouvé l’origine il est peut-être intéressant d’y aller, de toute manière ça ne changera rien à ce qu’il ressent pour elle. Il espère juste que Violine ne ressentira pas de nausées, elle en a déjà par moment à cause de sa grossesse. Maintenant qu’il y pense il n’aurait jamais cru avoir un enfant de son propre sang, qui plus est avec une humaine…les choses changent et au final rien ne reste comme c’est car c’est dans l’ordre des choses.
Il rejoint sa femme et la voit occupée à arracher de l’herbe, elle a dû éloigner les enfants pour pouvoir s’occuper, il sourit et s’accroupit à ses côtés :
-Tu agis encore Violine.
La jeune femme tourne la tête vers lui et lui sourit :
-Je n’aime pas rester statique et ne t’en fais pas le bébé va bien, ce n’est pas ça qui va lui faire du mal.
Belitor pose sa main sur son ventre et finit par la soulever, la gardant dans ses bras :
-Tu dois tout de même être prudente.
-Je le serai.
-Le roi nous invite dans son château, il pense savoir d’où te viennent ces yeux.
-Je ne supporte pas son monde, cela pourrait mettre l’enfant en danger.
-Selon lui tu ne crains rien. Les enfants doivent venir aussi.
-Il ne va rien leur faire ?
-Non, malgré les apparences le roi est quelqu’un de bon, il est juste étrange par moment.
-D’accords, peux-tu me poser ? Je promets de ne pas agir à nouveau.
-Non, je te garde ainsi, chaque fois qu’on te laisse tu en profites pour porter du poids.
-Je n’ai donc pas le choix.
-Non, allons chercher nos enfants, le roi nous attend.
Ils retrouvent facilement les enfants, elle les avait envoyés dans la serre pour être sûre de pouvoir bouger. Peu de temps après ils se retrouvent devant le roi, celui-ci observe ses invités, ils ont tous changés, l’un des enfants est collé à Belitor, il doit beaucoup l’aimer. C’est étrange de voir ça mais c’est mieux qu’avant :
-Vous avez l’air d’aller bien tous. Mmhh Violine c’est ça ? Comment te sens-tu ? Nausées, mal de tête…
-Non je vais bien.
-C’est bien ce que je pensais.
C’est vrai que maintenant qu’elle y pense elle ne ressent pas ces nausées qu’elle ressentait la première fois…Le roi dirige son regard vers les enfants puis l’arrête sur Belitor :
-Et tes serviteurs Belitor, ils ont appris d’autres mots au fait ?
-Oui, à présent chacun sait dire un mot.
-Ah ! Quelle bonne nouvelle ! J’aimerais les entendre ! Tiens commençons par…celui-ci !
Il pointe Profen du doigt, celui-ci est juste à côté de son père, Belitor le regarde et sourit, se sentant en confiance l’enfant regarde le dirigeant, s’accrochant un peu à son père il dit :
-….papa….
Le dirigeant arbore un grand sourire et regarde Belitor :
-C’est à toi qu’il pense en disant ça ?
-Oui.
-Eh bien ! C’est aussi une bonne chose ! A présent….lui !
Cette fois c’est Alidor qui est visé, accroché à sa mère et cache son visage contre elle et dit :
-…t’aime…
-Ooh quel mot plein de force ! Surtout pour une créature qui semble si intimidée ! Le dernier à présent !
Clément est entre ses deux parents et dit :
-Merci….
-On peut dire que ce sont des mots très polis et très doux qu’ils prononcent ! Ah mais je m’écarte du sujet ! Je vous ai fait venir pour vous parler des yeux de Violine. Pour ça je vais te faire passer un petit test pour être sûr.
-Quel genre de test.
-Oh rien de dur, elle n’aura qu’à agir de manière naturelle tu verras !
Il tourne la tête vers une porte :
-Vous pouvez venir !
La porte s’ouvre doucement laissant passer une tête, une enfant aux oreilles de chats, aussi grande que les enfants de Violine. Bientôt trois autres têtes apparaissent et les quatre fillettes avancent doucement :
-Ce sont des servantes à moi.
Les servantes aperçoivent Violine et leurs regards restent sur elle, le roi semble satisfait mais dit tout de même :
-Violine si u veux tu peux aller t’amuser avec elles, ainsi que tes enfants.
Violine s’éloigne avec ses fils et s’accroupit devant les quatre filles, l’une des fillette s’approche d’elle, Violine passe sa main sur sa tête en souriant :
-N’aies pas peur, je ne te ferai rien.
En confiance la fillette l’entoure de ses bras et se colle à elle, les autres l’entourent et bien vite les garçons se mettent à jouer avec elles. Alidor devient en quelque sorte le jouet de la plus taquine. Elle s’amuse à embrasser sa joue et à lui ébouriffer les cheveux pour le faire réagir. Lascivus est assis et regarde sa mère coiffer une des servantes, sa queue remue et visiblement une des servante la fixe, comme un chat elle est à l’affut. D’un coup elle lui saute dessus, Lascivus couine et se retourne méchamment contre la fille qui comprenant qu’elle lui a fait mal a les oreilles plaquées et les yeux humides. Violine prend doucement Lascivus contre elle et dit :
-Du calme Lascivus, elle ne l’a pas fait exprès, elle veut juste jouer avec toi. Tu veux bien lui pardonner ?
Il la regarde puis se tourne vers l’auteur de son mécontentement, il s’avance et embrasse sa joue, lui prenant la main il l’invite à jouer. La jeune chatte le regarde rassurée et commence à jouer avec lui, elle est surprise de le voir si énergique mais son agilité féline lui permet de suivre la cadence que lui inflige le jeune garçon.
Le roi se lève et se met à côté de Belitor :
-Cette fois ça se confirme.
-Quoi ?
-Il y a très longtemps est née une prêtresse, on disait qu’elle était bénie des dieux, elle avait de magnifiques yeux violets. Mon grand-père l’a connu et il me disait que d’elle se dégageait beaucoup de grâce et de gentillesse, à tel point que les créatures inférieures étaient toutes attirées par elle. Qu’elles se sentaient tellement en confiance qu’elles ne pouvaient qu’être elles-mêmes en sa présence. Observe mes servantes, d’ordinaire elles sont toutes silencieuse et calme mais là leurs vraies personnalités rejaillissent.
-Effectivement, j’ai remarqué cela aussi chez mes enfants.
-Enfants ? tu les considères comme tes enfants à présent ?
-Oui
-Eh bien, quel changement, il faut croire qu’elle a aussi eu un effet bénéfique sur toi.
-Oui je le crois aussi.
Belitor, voyant que sa femme tenait deux enfants sur elle s’approche et s’accroupit près d’elle :
-Violine tu portes trop de poids.
-Elles ne sont pas lourdes.
-Fais tout de même attention.
Curieux de le voir si attentionné le roi profite qu’un des enfants soit un peu à l’écart pour lui parler, c’est Clément qui devient son interlocuteur :
-Dis-moi, pourquoi Belitor ne veut pas qu’elle porte du poids ?
Au début Clément ne savait pas trop s’il devait lui faire confiance ou non mais en voyant son regard il comprend qu’il n’est pas si mauvais qu’il n’y parait. Il pointe sa mère du doigt et pose sa main sur son ventre. Cependant…le roi ne comprend pas les gestuelles d’enfant :
-Elle est malade ?
Il secoue la tête et répète ses gestes :
-Blessée au ventre ?
De nouveau il secoue la tête et cette fois fais un geste arrondi à son ventre. Le roi réfléchit…ça ne peut pas être ça…il doit en avoir le cœur net :
-Mmh est-ce que Violine aime Belitor ?
Clément hoche la tête, le roi ouvre les yeux en grands, elle serait donc… :
-Enceinte ?
Clément hoche la tête, le roi a du mal à y croire, Belitor va avoir un enfant avec la réincarnation d’une prêtresse…cet enfant va sûrement être fort… :
-Sais-tu de combien de mois ?
Avec sa main il montre deux, le roi se redresse et fixe Violine, il aurait pu s’en rendre compte plus tôt, maintenant qu’il regarde bien il voit que son aura a changé et son regard envers Belitor est beaucoup plus tendre que la première fois qu’il l’a vu. Il s’accroupit près d’elle et regarde son ventre :
-Il sera fort, votre enfant.
Belitor pose sa main sur le ventre de sa femme et sourit :
-Du moment qu’il est en bonne santé peu importe sa puissance.
-A voir comment tu es heureux j’en suis jaloux. Je devrais peut-être me marier et avoir des enfants moi aussi…
-Vos concubines ne vont pas apprécier.
-Peu m’importe, crois-tu qu’une humaine soit faîtes pour moi ?
-Pour cela il vous faudra chercher dans le monde des humains.
-Effectivement, voyons il me faudrait une femme belle et sensuelle.
-Vous désirez une femme ou une jolie poupée ?
-Ah…tu veux aussi que j’en choisisse une qui ait un caractère ?
-Cela serait préférable.
-Voyons…une timide ? Ca serait amusant…Une amusante ? Mmh non…une affectueuse ? Pourquoi pas…le choix va être compliqué. Quoiqu’il en soit le jour de la naissance j’enverrai quelqu’un pour aider Violine à accoucher.
-Merci c’est très aimable.
Le soir venu ils se retrouvent chez eux :
-Vous vous êtes bien amusés les enfants ?
Ils sautillent tous donnant une réponse très explicite à leur mère, Belitor la prend doucement contre lui et sourit :
-Les servantes du roi avaient l’air triste que tu partes.
-J’ai vu mais au moins elles ont pu s’amuser.
-J’ai pu le constater.
-Tu crois que le roi trouvera une femme humaine ?
-Je ne sais pas, je ne saurais même pas te dire s’il était sérieux ou non.
-J’espère tout de même qu’il finira par connaitre ce que nous connaissons.
Belitor se contente de lui répondre en l’embrassant tendrement.
Plusieurs mois se sont écoulés depuis la visite chez le roi des démons, le jour J est arrivé et Violine est dans la chambre avec l’aide promise par le roi ainsi que son époux. Inquiets et à la fois impatients les enfants attendent derrière la porte. Ils aimeraient tous une petite sœur, après tout Violine est la seule fille donc ça serait bien non ?
A force d’attendre ils sont tous assis contre le mur et se redressent d’un coup en entendant les pleurs d’un enfant. La question qu’ils se posent alors c’est « comment va maman ? ». Après tout ça a duré longtemps donc elle doit être très fatiguée… La porte s’ouvre et Belitor les fait entrer, il sourit c’est que tout va bien alors ! Ils entrent et voient leur mère tenant le bébé. Devant le lit ils regardent tour à tour l’enfant et la mère. Violine leur sourit et leur montre le bébé :
-Voici votre petite sœur, dîtes-lui bonjour.
-Bonjour !!
Ah, oui entre temps ils ont appris d’autres mots bien sûr et sont presque capable de dire des phrases complètes. Tous regardent leur petite sœur, elle a encore les yeux fermés et semble dormir, ça déçoit ses frères, pourquoi elle dort ? Elle est restée neuf mois dans le ventre de leur mère alors elle ne devrait pas être fatiguée non ?
Le roi arrive peu de temps après et voit la famille autour du bébé. Les quatre frères ne décollent pas leurs yeux du nouveau-né. Il s’approche et dit :
-Alors ? On ne m’accueille pas ?
Tous tournent la tête vers lui, Belitor sourit et dit :
-Bienvenue chez nous, veuillez nous excusez mais…
-Ne t’en fais pas je comprends ! Alors ce bébé ?
-Une petite fille, nous l’avons baptisée Luna.
-Très beau prénom, voyons cela !
Il s’approche et observe le petit être qui dort dans les bras de sa mère :
-Puissante comme je le pensais ! Prenez soin d’elle en tout cas !
Le bébé se réveille doucement et ouvre les yeux pour la première fois, des yeux rouges comme ceux de son père :
-Belitor regarde ! Luna a tes yeux.
Le père s’approche et sourit en voyant ça :
-Si elle a mes yeux elle aura ta beauté en ce cas.
-Vu la nature du père elle ne risque rien, les démons ne vont pas se risquer à lui vouloir du mal.
-Qu’ils y pensent seulement et je les tuerai de sang-froid.
Le roi repart après quelques échanges laissant la famille entre elle. Une semaine plus tard Aurora décide de revenir dans le village, non pas pour y vivre mais juste pour aller acheter quelques petites choses qu’on ne trouve pas chez les démons. Ses fils ont tenu à l’accompagner, Belitor n’est pas là, il doit s’occuper à tout prix de document et a dit à sa femme d’être bien prudente. Même si le sceau la protègera il s’inquiète. Tenant sa fille elle arrive au village. Les villageois se retournent vers elle en voyant comment elle est accompagnée.
Arrivés au marché elle cherche ce dont elle a besoin…pas ici, ah là ! Les enfants observent les alentours, ils ne sont jamais venus ici donc forcément ils sont curieux. Le chef du village s’approche et se plante à côté de Violine :
-Qu’est-ce que tu fais ici !
-Je viens juste acheter des produits.
-Tu t’es enfuie de chez le démon avoue ! Et c’est quoi ces choses !
Il désigne les quatre garçonnets, Violine le fixe d’un œil mauvais et dit :
-Ne parlez pas d’eux comme ça !
Les enfants viennent se mettre autour d’elle pour défier l’homme d’approcher plus. Celui-ci ne se laisse pas abattre et dit :
-Je parle comme je veux ! Et c’est quoi ce bébé dans tes bras ! Tu as eu un enfant avec quelqu’un ? Le démon sera furieux et déchainera sa colère sur nous à cause de toi !
Il agrippe son poignet mais le sceau s’active et le projette contre un mur. Alerté par l’activation de celui-ci Belitor se précipite vers le village. Le chef se redresse et se met à nouveau face à Violine :
-Qu’est-ce que tu m’as fait !
-Rien du tout
-Ne mens pas !
Il lève la main vers elle mais Belitor arrive et se plante juste entre eux :
-Qui te permet de lever la main sur ma femme ?
Le chef du village recule un peu et d’une petite voix dit :
-C’est que…je pensais qu’elle s’était échappée
-Nullement, elle est venue avec mon accords. J’espère pour toi que tu n’as blessé ni ma femme ni mes enfants !
-Vos…enfants ? Ils sont vos enfants ?
-Biologiquement seul le nouveau-né dans ses bras est le mien mais les autres sont aussi mes fils.
-Je ne savais pas…veuillez m’excuser !
-Ne t’avise plus jamais de l’approcher et je veillerai à ne pas te tuer.
-merci !
Il repart en courant et Belitor prend doucement Violine contre lui :
-Tu vas bien ?
-Oui, Luna aussi, visiblement ça ne l’a pas réveillée.
-Tant mieux alors.
Les villageois regardent la scène sans y croire, le démon semble si doux et affectueux. Ont-ils eu raison d’avoir peur de lui ? Il est fort certes mais au final il ne leur a jamais rien fait…il se moquait de ces sacrifices aussi alors…se seraient-ils trompés ? Il semblerait…
Les courses se finissent en famille, le comportement des villageois changea petit à petit et le chef fut chassé, refusant tout net de voir la vérité en face…
Au final le sacrifice que représentait Violine n’en a jamais été un, elle était en vérité une bénédiction, pour tous.



Il en a de bonne Belitor : trouver une femme avec un caractère et pas seulement un physique. Lui il a trouvé facilement ! Enfin même pas c’est les villageois qui lui ont donné Violine…
Le roi des démons vagabonde ça-et-là dans le monde des humains, il a cherché la femme parfaite chez les démons mais rien à faire il n’accroche à aucune, d’ailleurs ses concubines ont été bien déçu qu’il se sépare d’elles mais bon il est décidé à connaitre le même bonheur que Belitor !
Cela dit sa quête dans le monde des humains n’est pas facile, toutes les femmes ont peur de lui dès qu’il les approche…c’est un démon certes mais il ne va pas les manger !
Il avance dans une forêt et voit une silhouette dans un étang, ah ! Une femme humaine qui se baigne ! Pourquoi ne pas aller voir, bon ce n’est pas très galant mais c’est un homme après tout ! Et puis dévêtue elle ne fuira pas…Il s’approche et grimpe dans un arbre, observons…mmh pas très séduisante, on dirait une gamine vu comment elle est plate, pas trop son style. Ensuite…mouais il préfère les grandes aussi et elle a les cheveux courts et noirs, lui il aime les cheveux longs et clairs. Encore une fois il ne va trouver chaussure à son pied…Si seulement elle était plus fourni niveau formes…
Dans ses pensées il ne voit pas la jeune femme se retourner…non mais pour qui il se prend celui-là à la reluquer ! Elle fouille dans l’eau et en sort une pierre qu’elle lui jette au visage, toujours perdu dans ses pensées il ne l’esquive pas et se la prend. Il tombe de l’arbre et se redresse, elle a osé lui lancer une pierre ! Mais elle est malade ! Elle lui tourne le dos en plus !
Il avance et entre dans l’eau, elle va voir celle-là ! Il lui agrippe les épaules et la force à se tourner :
-Mais tu vas pas bien !
-Me touche pas !!
Le roi se fige en voyant son visage…elle a une marque…un coup de griffes apparemment mais pas d’un animal, d’un démon c’est sûr…la jeune fille quant à elle se demande ce qu’il a à la regarder :
-Pourquoi tu me regardes ! C’est un des tiens qui m‘a fait ça alors réjouis-toi !
-Je vois pas pourquoi je m’en réjouirai, je suis plutôt contrarié, je n’ai pas été averti et je n’ai pas autorisé ça.
Elle le repousse et serre les poings :
-En quoi ça te regarde !
-Tu sais qui est le démon qui t’a fait ça ?
-Pourquoi je te répondrais !
-Ce que tu es pénible ! Je veux juste t’aider !
-Alors pas la peine que je te dise qui c’est il vient toujours me narguer !
-Oh eh bien je l’attendrai. Mais…tu voudrais pas cacher ta poitrine ?
-De toute façon j’ai pas de poitrine alors ça sert à rien !
-Là je peux pas te contredire.
-Dis donc si t’étais poli t’aurais dit l’inverse !
-je suis honnête nuance.
-Un démon honnête on aura tout vu !
Après une courte dispute le roi retourne dans son arbre à l’affut du démon, quelle humaine n’empêche. Un si mauvais caractère pour un si petit être…cela dit c’est assez amusant. Personne n’avait jamais osé lui tenir tête comme ça, ça change…oh…serait-il en train de l’apprécier ? Mmh voyons les symptômes : il aime bien sa présence, ça anime les journées…, en la regardant bien son aura dégage quelque chose d’attrayant, plus que chez n’importe qui…mmh une personne au caractère fort…plutôt qu’un physique avantageux ? Lui aussi il changerait ? On dirait…et à bien y regarder son physique a un certain charme. Certes elle est plate mais ça change contrairement à ce qu’il est habitué…voyons…oui elle est plutôt jolie quand on la regarde bien…Il soupire intérieurement, c’est étonnant de sa part qu’il se mette à aimer une femme telle qu’elle mais après tout les autres il ne les aimait pas alors au final ce n’est pas si étonnant…
La jeune femme, elle, est occupée à d’autres pensées, elle se demande notamment en quoi sa situation le regarde ! C’est vrai après tout il est un démon, les démons détestent les humains alors pourquoi il veut punir celui qui lui a fait ça ? S’il veut vraiment le punir…autant se méfier !
Ils n’ont pas à attendre longtemps qu’une ombre s’approche de la jeune femme qui n’a pas encore quitté l’eau, le roi observe sans bouger, il le reconnait, celui-là alors ! Il a toujours agit comme il voulait mais là il est allé trop loin. La jeune femme se retourne d’un coup et fronce les sourcils en le voyant :
-Qu’est-ce que tu veux encore !!
-Oh rien, je viens prendre des nouvelles de toi, il te plait alors mon cadeau ?
-Pas du tout ! A cause de toi je suis encore plus laide qu’avant !!
Le roi hausse un sourcil, elle s’estimait laide avant la marque ? Mmh ça a dû être pire après…le démon rit et dit :
-De toute manière avec ou sans tu n’attires pas les hommes.
-Je ne dirais pas ça.
Le démon se retourne et voit le roi dans l’arbre, celui-ci fait peser son regard sur lui, il descend et s’approche. Le démon perd son sourire, que fait le roi ici ! Et il a tout entendu ! La jeune femme reste surprise, il a dit qu’elle était attirante non ? Mais pourquoi il dit ça ! Une fois face au démon le roi dit :
-C’est donc toi qui lui as fait ça, sais-tu que tout acte envisagé contre un humain doit m’être rapporté avant d’être fait ?
-Mais…votre majesté je…
La jeune fille tourne la tête vers le roi aux mots de l’autre démon. Sa majesté ? Mais alors…ce démon c’est leur roi ! C’est pour ça qu’il se sent concerné par ça… :
-Oui ? J’attends ton excuse si tu parviens à en trouver une bien sûr.
-…je…c’était involontaire…
-Menteur !! T’es arrivé chez moi en hurlant ! T’as dit que tu voulais me donner un cadeau et l’instant d’après tu m’as fait ça !!
-Tu as tout de même un sacré cran pour me mentir, sachant bien sûr que je décèle le mensonge.
Ne sachant quoi répondre, de rage le démon se tourne vers la jeune femme et se lance sur elle, il lui attrape le cou et la plonge dans l’eau :
-Tout est de ta faute sale humaine !!
La jeune femme se débat sous l’eau mais l’air vient à manquer, elle voit alors l’eau se teinter de rouge, que se passe-t-il ? Le roi vient de planter son bras dans le corps du démon teintant l’eau de son sang. Il pousse son cadavre et soulève la jeune femme qu’il maintient contre lui, quelle peur il a eu quand il a vu le démon l’attaquer ! Il se rend vite compte d’une chose…l’odeur de la jeune fille. Elle est si envoutante…il aimerait vraiment rester comme ça…il sait qu’il ne pourra pas s’en passer de si tôt pour ne jamais avoir senti une telle odeur…déjà qu’il avait admis être attiré par elle mais là c’est pire…
La jeune fille quant à elle reprend son souffle, elle tousse et crache l’eau qu’elle a avalé…c’est étrange, elle se sent plutôt bien dans ses bras…et lui il n’a pas l’air de vouloir la lâcher…d’ailleurs il a ses mains dans son dos et ses doigts bougent…mais il la caresse en plus !Pourtant…ce n’est pas dérangeant, c’est quand la dernière fois qu’un homme l’a touché ? Elle ne s’en souvient pas…mais elle doit éclaircir quelque chose avant tout :
-Pourquoi t’as dit que j’étais attirante ?
-Parce que c’est vrai tiens.
-Pourtant t’as dit que j’avais pas de poitrine…
-Et alors ?
-Ca avait l’air dérangeant et en plus d’ordinaire les hommes aiment les grosses poitrines…
-Je ne te cacherai pas que j’aime en effet, enfin j’aimais…
-Tu aimais ?
-Oui…mais plus maintenant, tu es nettement plus attirante que les concubines que j’avais.
-…bon alors deux points à éclaircir, tu avais des concubines ?
-Oui bien sûr.
-Mouais ça parait logique vu ton statut de roi…et deuxièmement…pourquoi tu n’en as plus ?
-Parce que je veux trouver une femme que j’aimerais sincèrement et que j’épouserai.
-Aucune de tes concubine ne feraient l’affaire ?
-Non, toutes des moutons sans cervelle, toi en revanche…
-Quoi ?
-Toi tu es différente, tu es la première à me tenir tête et j’aime ça…
Mais il veut dire que…il l’aimerait comme femme ? oulà ! Mais euh… :
-mais tu es un démon et moi une humaine…
-C’est pas un problème, en t’apposant mon sceau tu vivras comme moi.
-Mais…
-Viens chez moi…
-Quoi !! j’ai pas dit oui !
-Je sais mais tu peux quand même venir chez moi !
-Pourquoi ?
-Tu as besoin de repos…et je te veux près de moi !
-Depuis quand tu décides ! T’as beau être roi t’as pas à être décider pour moi !
Elle recule et le fixe dans les yeux, le roi ne peut s’empêcher de regarder son corps et finit par détourner le regard :
-Je t’ai déjà dit de te cacher !
-Y a rien !
-D’accords alors je regarde !
-Et pourquoi tu veux tant regarder !
-Parce que moi je trouve ça excitant ça te va !
La jeune femme devient toute rouge et se tourne en mettant ses bras autour d’elle :
-Pervers ! Regarde pas !!
-Ah non maintenant que tu as dit qu’il y avait rien je vais regarder !
-Non mais ça va pas !
Il s’approche et l’entoure de ses bras la faisant sursauter :
-Lâche-moi ! Je te laisserai pas regarder !
-Alors laisse-moi au moins rester comme ça ! Que je puisse sentir ton odeur…
-…bon d’accords…
Elle reste statique, il sent ses cheveux…elle lui plait à ce point ? Mais et elle…elle pense quoi de lui ?...c’est un gros pervers…mais il est gentil…pour un démon. Elle finit par fermer les yeux pour mieux sentir les bras du roi autour d’elle, elle les rouvre d’un coup en le sentant embrasse son cou :
-Hey !
-Oh, pardon, je me suis pas retenu, alors tu veux venir chez moi ?
-…pff bon d’accords, tu me lâcheras pas tant que j’aurais pas dit oui de toute façon !
Il sourit et ajoute :
-Je vais devoir te mettre mon sceau alors.
-Quoi !
-Les humains ne supportent pas le monde des démons mais avec mon sceau tu pourras.
-…ça fait mal ?
-Mmh non, dans ton cas je dirais que ça sera l’inverse
-Hein ?
Il met à nouveau ses lèvres contre son cou faisant de suite réagir la jeune femme :
-hey arrête ! Je t’interdis de me faire un suçon ! Je suis sûre que c’est pas comme ça qu’on fait un sceau !!
Elle veut le repousser mais il la tient fermement, il va le lui payer ça il peut en être sûr et certain !! Mais….c’est plaisant…autant qu’il ne le sache pas, ça la tue assez d’admettre que ça lui plait ! Cependant il s’en rend aisément compte vu qu’elle ne se débat plus. Il sourit et recule ses lèvres satisfait de son œuvre :
-Un joli suçon pour celle que je veux auprès de moi.
-je vais te tuer !
-Une fois mariée à moi si tu veux.
-J’ai jamais dit oui !
-Mais tu n’as pas dit non.
-…bon on y va dans ton monde !!
-Bien sûr ma promise.
-Lâche-moi !
Il sourit et la lâche, elle se rhabille vite et soupire :
-T’es pénible !
-Je sais merci. Viens allez.
Il lui prend la main et tous les deux apparaissent dans le château. Le monde des démons…tiens d’ailleurs elle en voit, ils la regardent tous, le roi entoure sa hanche de son bras ce qui suffit à éloigner les regards :
-Comment tu trouves mon château ?
-Digne d’un pervers tel que toi !
-On peut aller voir ma chambre si tu veux.
-Sans façon, il doit y avoir tes concubines.
-Jalouse ?
-Pff…
-Je prends ça pour un oui.
Ils la guide jusqu’à son trône et s’assoit en la tirant vers lui. Assise sur ses genoux elle le foudroie du regard :
-Tu fais quoi là !
-Mais rien voyons.
-Et ta main sur mes fesses !!!
-Oh, tu t’en es rendu compte alors, retire-la si elle te gêne.
Elle prend sa main mais il fait glisser la jeune femme de sorte qu’elle soit coincée entre ses jambes toujours perpendiculaire à lui, poussant un cri de surprise elle dit :
-Hey ! Je peux plus me relever !
-Bonne chose.
Il approche son visage du sien en souriant :
-Puis-je avoir un baiser ?
-Non !
Ils sont interrompus par les anciennes concubines du roi qui arrivent d’un air très en colère :
-Mon roi ! Que faîtes-vous avec cette humaine !
Le roi soupire et redresse son visage pour planter son regard dans celui de la concubine qui vient de l’interrompre au meilleur moment :
-Cela ne se voit pas ! Je prends soin de celle que je veux pour femme !
-mais…vous pourriez vous marier avec l’une de nous, nous sommes bien plus belles !
Le roi s’apprête à répondre quand la jeune femme le fait pour lui, d’une voix triste elle dit :
-Elles ont raison…elles sont beaucoup plus belles alors que moi…
-Tu es splendide.
Elle le regarde avec de grands-yeux, elle ? Splendide ? Est-ce qu’elle peut vraiment le croire ?...il refuse la compagnie de femmes très belles…rien que pour elle…elle en rougit et ne sait plus où poser ses yeux. Le roi continue sur sa lancée et parle aux démones :
-Vous n’avez pas à décider de celle que je veux, elle sera votre reine alors veillez à la respecter !
Les concubines repartent, à la fois vexées et tristes. Le roi se tourne vers la jeune femme et dit :
-Tu es toute rouge ma future femme.
-Et toi t’es idiot !
-Sans doute mais je préfère être idiot et t’aimer qu’être malhonnête et passer à côté de toi. Par ailleurs, comment te nommes-tu ?
-….Annie….et toi ? Parce que je refuse de t’appeler mon roi !
-Hiro.
-Tu…tu veux vraiment m’épouser Hiro ?
-Bien sûr pourquoi ?
-….comme ça…
-Mais si tu ne veux pas je ne vais pas te forcer, si tu souhaites retourner dans ton monde je t’y amènerai.
-Non !
Elle se tait de suite en se rendant compte de la force avec laquelle elle vient de parler, le roi sourit et met son visage face au sien :
-Tu ne veux pas ?
-….non…
-Pourquoi ?
-….pour….pour ça !
Elle prend sa tête dans ses mains et l’embrasse sans prévenir, bien que surpris le roi la serre contre lui, ce baiser, il n’en a jamais eu de si chaud et en profite autant qu’il peut. Une fois le baiser fini il recule et observe le visage boudeur de sa future femme :
-Et maintenant tu veux la voir ma chambre ?
-Gros pervers !!!
-C’est un non ?
-….un peut-être ça te va !
-Non.
Il la soulève et commence à se diriger vers sa chambre qui désormais est la leur :
-Hey tu vas où !
-Dans notre chambre voyons.
-J’ai dit non !
-J’ai dû mal entendre
-T’as parfaitement entendu !
-Tu es nerveuse jeune vierge mais tu ne crains rien.
-Comment tu le sais d’abords !
-Voyons je suis un démon !
-….je veux bien te la donner mais pas maintenant !
-Oh, tu sais plus tu me feras attendre plus je serais fougueux !
-Je…je prends le risque !!
-J’ai bien choisi ma femme.
Il lui donne un tendre baiser qui, malgré le fait qu’Annie tente de se convaincre qu’elle n’aime pas, est fortement apprécié…Le roi a trouvé sa reine, la reine a trouvé celui qui sait voir au-delà des apparences, un couple royal se forme enfin et la descendance risque de ne pas tarder.


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MessagePosté le: Jeu 26 Juil - 11:12 (2012)    Sujet du message: Publicité

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